CHAPITRE DEUXIEME
langage eût été plus sensé si vous étiez chez vous. Il y a longtemps que nous faisons payer tribut aux Européens. Bassein, une grande ville que vous connaissez, a refusé, elle aussi, de payer; or, vous savez parfaitement quel sort lui a été fait (i). »
Les envoyés, porteurs de cet ultimatum, restèrent frappés du calme intrépide de Dumas qui leur dit froidement : <l Pondichéry tombera aux mains des Mahrattes, quand le dernier Français aura été tué. »
Ragodjhi-Bosla n'insista pas davantage ; il s'empara de Trichinapaly et fut ensuite rappelé dans le nord par des événements qui rendaient sa présence nécessaire. Il quitta le Carnate, laissant une forte garnison et emmenant avec lui Chanda-Saëb prisonnier.
Pondichéry, environnée par une armée de 300,000 hommes, venait d'échapper à un danger sans précédent. Nous avons rendu hommage au caractère de Dumas, n'oublions pas son habileté. Elle avait consisté à donner à un envoyé de Ragodjhi- Bosla quelques bouteilles de liqueur. L'une des favorites du chef mahratte en goûta et pressa instamment Ragodjhi d'en demander de semblables à Dumas. Celui-ci, obtempérant généreusement au désir du barbare, toucha son cœur. En retour, le Mahratte fit présent à Dumas d'un serpeau, lui demanda son amitié et abandonna Pondichéry. Le présent d'un serpeau ou costume d'apparat, est la faveur la plus signalée que puissent octroyer l'empereur, les rois et les généraux indiens.
Nizami-El-?*loulouk, frappé de la conduite des Français dans des circonstances aussi difficiles, et reconnaissant de l'accueil fait par eux à la famille du nabab d'Arcate, son vassal et ami, écrivit à Dumas, pour le féliciter. Sur la demande formelle de Nizam, l'empereur de Delhy créa ce gouverneur masoubdar ou commandant de quatre à cinq cents chevaux entretenus aux frais du trésor impérial. Cette dignité considérable donnait un rang égal à celui des nababs