‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 101 sur 128 · I. ^îémoires de Dupleix, p. ic · texte numérisé non relu

I. ^îémoires de Dupleix, p. ic

suspendu que pour êlre frappé avec plus d'éclat. Quoi qu'il en soit, je me suis toujours fait un devoir de déférer à vos conseils et de suivre vos lumières. Je ne me départirai en aucune conjoncture de ce respectueux et inviolable attachement, qui a fait jusqu'ici mon bonheur et ma gloire, et qui la fera toujours. J'attends les réponses de M. le Godeheu pour me déterminer ; quoique je sois persuadé comme vous, qu'il est à propos que j'attende dans l'Inde les réponses de M. de Contlans. Si cependant je n'ai pas dans le poste que j'occupe la liberté d'agir, et qu'on veuille me gouverner par les idées de gens ignorans et sans expérience, mon propre ouvrage dépérira entre mes mains, et l'on en concluera, ou que je l'ai détruit moi-même par pique, ou qu'il n'étoit, ni si beau ni si bien établi que vous et moi l'avons foit entendre. D'un autre côté, si la confiance dont vous m'avez honoré est la même dans M. le Godeheu, j'avoue que je ne ])uis me dispenser de me prêter encore aux besoins de la nation et de la Compagnie ; ce n'est pas que je m'attende que mes services seront récompensés, ni même avoués ; mais j'aurai comme vous l'avantage d'avoir servi la patrie sans autre émolument que la gloire de lui avoir été utile et la consolation de n'attribuer ses mépris et son ingratitude qu'à la faction des envieux, trop dépourvus euxmêmes de mérite pour ne pas chercher à obscurcir celui des autres. t « Comme vous me faites la grâce de me promettre encore de vos nouvelles avant votre départ, j'aurai l'honneur de vous écrire encore plus au long. Ma réponse à M. le Godeheu ayant occupé mon tems, j'ai été obligé de différer cette lettre particulière. Faites-moi part, s'il vous plaît, de ce que vous aurez découvert de ses vues et dispositions par rapport aux affaires du Dékan. Je roule toujours le projet de tout abandonner et de passer en France. J'attends vos réponses et vos avis. Je suis si accablé que je ne puis vaquer aux affaires. L'armée crie la faim; personne ne paye et l'on veut que j'agisse ('). »

Dupleix aurait voulu voir terminer promptement l'affaire de Trichinapaly à l'aide des nouvelles troupes arrivées d'Europe ; il écrivit le 4 août, à Godeheu, pour lui recommander ce moyen sûr d'accélérer la conclusion de la paix.

Godeheu ne répondit rien, mais le 7 août, par lettre, il i demandait à son prédécesseur des éclaircissements sur d'autres objets. Les chefs de corps ou de postes réclamaient des ordres pour leurs opérations et il n'était pas en état de les leur donner, n'ayant pas de plan du pays et ne sachant même pas le nom des positions. Il désirait savoir aussi si la caisse de la

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