‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 109 sur 128 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Suit un tableau erroné et effrayant du déplorable état où il a trouvé l'Inde.

« Voilà en raccourci, Monseigneur, les raisons qui m'ont engagé à conclure ce Traité conditionnel^ qui met la Compagnie en état de se décider pour la paix ou pour continuer la guerre avec plus de vigueur, si elle n'acquiesce pas aux articles. Je dois vous prévenir, Monseigneur, que sur les dépêches du Afachault^ que je reçus ici de Mahé le 5 novembre 1754, je m'étois déjà avancé avec monsieur Saunders, fondé sur la déclaration que vous aviez fait faire par M. le duc de Mirepoix, dans votre lettre du 11 mars dernier (1754), que le roi n'entendoit pas que la Compagnie françoise eût de plus vastes concessions, et j'ai peine à croire en effet que l'on puisse ■traiter autrement ('). »

Dans sa lettre du même jour au comité secret de la Com.pagnie des Indes, Godeheu s'exprimait ainsi :

« J'ai reçu. Messieurs, par le Machai/lt, arrivé à Mahé, le 13 octobre dernier (1754), un paquet dont le capitaine étoit chargé pour moi. Comme la frégate la J^ière a été substituée aux isles à V Utile, qui a été obligée d'y relâcher, j'ai reçu aussi par cette première frégate le paquet du comité secret, dont le sieur de Brimanière . étoit chargé. La Fière a mouillé ici le 21 décembre, les circonstances ne m'ayant pas permis de me conformer totalement à vos instructions. Messieurs, je prie Monseigneur le garde des sceaux de vous communiquer les raisons qui m'ont engagé à faire un Traité conditionnel avec M. Saunders qui part dans cinq ou six jours pour Europe. C'est ce qui m'empêche de m'etendre davantage, parce que le peu de tems que j'ai à moi, ne me permet pas de mettre en chiffre le détail dans lequel je serois obligé d'entrer {^). »

Sans attendre l'arrivée de Chandernagor de Leyrit, nommé par la Compagnie gouverneur de Pondichéry, Godeheu remit à un comité secret, pris dans le Conseil supérieur, l'expédition des affaires, et, le 16 février 1755, débarrassa pour toujours notre colonie de sa néfaste présence. Il avait cependant promis d'y rester au moins quatre ans !

Page 1