I. Communiquée par M. P. Margry à AI. Cartwright
par le défaut de 6,000 livres, nous sommes tous sur le point de crouler. Monsieur et Madame Dui)leix sont bien véritablement sans la première ressource, et cela dans le moment ou il a besoin de' toute sa tête pour repousser les injures et les assertions captieuses que la Compagnie lui fait si indécemment dans son Mémoire^ et dont nous pouvons dire à l'avance qu'il triomphera ('). »
La réplique en question fut imprimée en effet : « Ce fut, dit M. Cartwright, la dernière étincelle de la mâle énergie de Dupleix, courageux jusqu'à la fin, la dernière protestation de son souffle d'agonisant contre l'injustice infâme de ses puis-* sants spoliateurs. La maladie avait, en dernier lieu, singulièrement affaibli sa constitution, qui d'ailleurs n'avait jamais été très robuste, et à peine les pages de cette défense avaientelles quitté la presse, que la main qui les avait écrites était glacée par la mort ! »
Il disait dans ce Mémoire : '
<?: J'ai sacrifié ma jeunesse, ma fortune, ma vie à combler de richesses ma nation en Asie ; de malheureux amis, de trop faibles parens, consacrèrent tous leurs biens à faire réussir mes projets, ils sont maintenant dans la misère...
€ Je me soumets à toutes les formes judiciaires, je demandé comme le dernier des créanciers, ce qui m'est dû...
« Mes services sont traités de fable ; ma demande est ridicule ; je suis traité comme le plus vil des hommes !...
« Je suis dans la plus déplorable indigence ; je n'ai pas de bien qui ne soit saisi...
« J'ai été obligé d'obtenir des arrêts de surséance pour n'être pas ' traîné en prison !... »
Il mourut trois jours après avoir tracé ces lignes éloquemment douloureuses, dans la nuit du 10 au il novembre 1763.
Son glas funèbre, selon l'expression de M. H. Bionne, sonnait en même temps l'agonie de notre puissance coloniale !
Avant de rendre le dernier soupir, Dupleix avait assisté avec douleur au renversement de son œuvre : le pavillon britannique flottait avec orgueil sur Pondichéry 1 Le nom français