CHAPITRE DOUZIÈME
avait disparu de l'Hindoustan. Le traité de Paris, du lo février 1763, avait ratifié notre déchéance coloniale!.
Jamais Dupleix ne céda à l'ambition ou à l'égoïsme, jamais il ne fut un agent rebelle ou disposé à le devenir. Son patriotisme le fit parfois s'écarter de la ligne de conduite imposée par les directeurs et le ministre, nous en convenons, mais un écart de cette nature, motivé par l'ardent désir de rendre sen-ice à son pays, ne peut constituer une faute aux yeux de la postérité et devant le jugement de l'histoire. Et « l'histoire -a fait son devoir en le proclamant l'un des plus grands citoyens et des meilleurs serviteurs de la France, un homme de la race des Richelieu et des Colbert ».
Madame Dupleix requit leministère d'un Commissaire du Chatelet pour sauvegarder au moins les droits de sa fille, sinon pour essayer de sauver quelques épaves de ce naufrage. -L'homme de loi procéda au recolement en présence du -cadavre de Dupleix, dans la chambre à coucher du défunt, et, selon l'acte dressé, aperçut « étendu sur un lit à piliers bas, un corps mort, que l'on -lui dit être celui de Dupleix ! »
La mort- du grand homme ne fit aucun bruit ; les gazettes du temps ne l'annoncèrent même pas dans le délai normal.
Le Mercure de France imprima seulement cette nouvelle au mois de janvier 1764. Depuis l'arrêt du Conseil d'État du 10 décembre 1758, Dupleix avait cessé d'exister pour Louis XV, la Cour, le gouvernement et la majorité du public.
Silhouette avait enterré les affaires pendant son passage au contrôle général des Finances (i).
La marquise Dupleix et sa fille moururent toutes deux à
I. En 1759, M. de Choiseul, dit Michelet, prit un homme de lettres, im simple maître des requêtes, le fit contrôleur général. Homme d'esprit, homme d'affaires M de Silhouette avait lu, voyagé à Londres et travaillé à la Compagnie des Indes. '
« L.a flotte anglaise, avant avril nous prit déjà la Guadeloupe. Au Canada l'intrépide Montcalm de Nimes, sans renfort et sans espoir, lutta jusqu'au mois de sep. tembre, il fut tué, le pays perdu, Dans l'Inde, notre Irlandais Lallv, un fou furieux qu! n'avait que de la bravoure, avait remplacé Dupleix (Michelet' oublie ses prédécesseurs Godcheu et de Leyritl.Il avait neutraHsél'hcn mecapable.gendredeDup'exi
Brunswick, pendant l'émigration et dans la plus profonde détresse; la première le 31 août 1799, la seconde, le 15 juillet
Du mariage de mademoiselle Dupleix avec le marquis de Valory, étaient nés trois enfants : PVançois de Valory, décédé à dix-huit ans ; Célestine-Henriette de Valory, mariée au marquis Rozée d'Infreville ; Marie-Hélène-Thérèse, unie, le 4 novembre 1 806, au marquis du Puy-Montbrun-Rochefort. Cette dernière est la grand'mère de Madame la marquise de Vendeuil, du marquis de Labaume du Puy-Montbrun, et l'arrière- grand'mère du marquis du Cotton du Puy-Montbrun. Ces renseignements nous ont été adressés par M. le marquis de Vendeuil.
La famille d'Infreville existe aussi toujours ; deux de ses membres appartiennent à l'armée de terre ; d'autres d'Infreville se sont créé des situations dans l'enseignement libre et la marine. Un M. Rozée d'Infreville, ancien sous-préfet de Quimperlé et de Coulommiers, eut deux enfants, l'un des officiers précités et une fille, mariée à M. Coppinger, ancien conseiller de préfecture. La branche collatérale des Mézy s'est éteinte dans la famille de Nazelles.
Guillaume-Joseph Dupleix, cousin du gouverneur de Pondichéry, fut conseiller du Roi en ses coneils, maître des requêtes
(gendre manqué oui!), l'excellent général Bussy; il avait par ses barbaries, ses emportements, son ménris pour les croyances indiennes, mis l'Inde entière contre nous. Il échoua devant Aladias en féviier 1759 et de plus eii plus déclina devant l'ascendant de lord Clive.
« M, de Choiseul exécuta le financier philosophe de Silhouette. 11 en rit lui-même. Il se joignit gaiement à la meute des siffleurs et des moqueurs. Désonnais le portrait d'une ombre fut appelé Silhouette. On s'en amusa partout, Versailles autant que Paris. Les habits à la Silhouette n'ont ni poche, ni gousset. »
1^ Journal officiel ôm 29 août 1869, p. 1154, 3^ colonne dit :
« Il (le château de Bry-sur-Marne) fut construit en 1759 par Etienne de Silhouette ...une des principales distractions de ce seigneur consistait à tracer une ligne autour de l'ombre d'un visage, afin d'en voir le profil dessiné sur le mur ; plusieurs salles de son château avaient les murailles couvertes de ces sortes de dessins que l'on appelle des Silhouettes, du nom de leur auteur, dénomination qui est toujours restée.» M. de Silhouette traduisit Pope.