‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 23 sur 128 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

être déposé dans notre église du Fort. C'est la seule récompense que je demande, pour tous les soins et veilles que m'a occasionnés cette entreprise. Ma femme, sensible à votre souvenir, vous fait bien des complimens et vous recommande sa fille et son gendre. J'en fais autant, et vous prie de croire, etc.

« Je vous prie de me renvoyer la cavalerie par terre. Si vous avez quelque chose à envoyer par cette occasion, elle pourra lui servir d'escorte. Ma femme demande sa fille ; elle pourra profiter de cette bonne occasion ('). »

La Bourdonnais accepta les remercîments des conseillers d'Esprémesnil gendre de madame Dupleix, Dulaurens et Barthélémy, mais leur contesta tout pouvoir et avisa Dupleix dans ces termes, au sujet de madame Barnaval : « Je suis sensiblement obligé à madame votre épouse d'avoir bien voulu me chanter. Je compte aller l'en remercier bientôt. Je lui mènerai avec moi sa chère fille : je garde la cavalerie pour me servir d'escorte, lorsque je vous mènerai madame Barnaval et les otages (2). »

Dupleix apprit en même temps le traité passé avec les Anglais pour le rachat de Madras et l'intention de La Bourdonnais de s'opposer à l'installation d'un conseil à Madras ! De pareils actes entachés d'abus de pouvoir et de forfaiture méritaient une réprimande prompte et énergique, la voici :

A Pondichéry, le 25 septembre 1746.

A monsieur de La Bourdonnais, Monsieur,

<( Suivant que j'ai eu l'honneur de vous le marquer par ma lettre du 23 du courant, j'ai communiqué au Conseil supérieur la votre de même date. Je vous prie de ne point le regarder comme mon conseil, mais comme celui qu'il a plû au roi et à la Compagnie d'établir dans les Indes. Il ne convient pas à un mince sujet comme moi d'avoir un conseil ; je me trouve honoré de le présider. Ce conseil, après avoir lu votre lettre, a trouvé qu'il ne pouvoit entrer en matière avec vous, avant que de savoir sur quel pied vous vouliez traiter avec lui. Il n'ignore point que vous faites peu de cas de ses décisions, et votre réponse, au bas de la sommation qu'il vous fit le

1. Mémoire pour La Bo?irdonnais, pièces justificatives, n" LXI, p. 92 et 93.

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