CHAPITRE QUATRIEME
porteurs ; nous puissions juger du parti que nous aurons à prendre. Nous avons ordre, Monsieur, de vous demander un des pavillons de cette place, pour envoyer à Pondichéry afin d'y être déposé dans l'église du Fort Nous sommes d'autant plus persuadés que vous vous prêterez volontiers à cette demande, que ce sera un monument qui éternisera la conquête que vous venez de faire (^). »
Le 30 septembre, d'Espremesnil, Dulaurens et Barthélémy protestèrent au nom du roi, de la Compagnie, du commandant-général et du Conseil supérieur « contre tous les actes de La Bourdonnais, opposés aux intérêts de la France, de la Compagnie et aux ordoruiances royales, notamment dans son refus de reconnaître l'autorité de Dupleix sur Madras, où le pavillon du roi était arboré, et d'organiser un conseil (2) ».
Le 30 également, La Bourdonnais recevait de Dupleix cette lettre admirable :
Monsieur,
(Lisez en partiailier.)
« La nouvelle que vous m'avez donnée, que vous aviez conclu le traité de rançon avec les Anglois, m'empêche absolument de reposer. Souffrez, Monsieur, malgré la résolution que j'avois prise de ne plus vous faire de représentation, que je vous en fasse encore une comme je la ferois à mon frère. D'autre que moi n'en aura connoissance, vous écrivant de ma main la présente. Souffrez donc que je vous dise, que je ne suis point du tout votre ennemi ; que je n'ai clierché qu'à vous procurer de la gloire ; que j'y ai employé tout mon sçavoir, et vuidé de façon ma bourse, que lorsque vous êtes arrivé, elle étoit absolument vuide. Que n'ai-je pas employé pour vous seconder? Vous l'avez vu vous même, et vous n'avez pu vous empêcher de l'avouer : tou-t ce que vous avez souhaité vous a, été donné, hommes, munitions, artillerie, mousqueterie ; j'ai dégarni la place, vous le sçavez, et je ne m'en repens pas, puisque l'affoire a réussi. Quelles difficultés n'ai-je pas trouvées pour vous dissuader de certaines inquiétudes et indécisions où vous paroissiez être, et qui ne vous étoient occasionnées que par des gens peu au fait et nullement portés pour votre gloire. Vos marins m'ont donné seuls
1. Mémoire pour La Bjiirdotinais, pièces justificatives, n° LXIX, p. 104 et 105.