‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 26 sur 128 · Id., no Lxxix, p. n8 et · texte numérisé non relu

Id., no Lxxix, p. n8 et

I. Le raisonnement de Dupleix était fort exact. L'expédition de Lally-Tolendal, contre le roi de Tanjouar eut pour objet de forcer ce dernier au paiement de sommes promises dans des conditions à peu près semblables à celles de Madras. Nous citons cet exemple entre mille.

plus de peine que tout le reste. A quoi a-t-elle abouti ? A rien du tout, et vous avez vu vous-même combien ils ont eu de peine à se résoudre à tirer sur une place, dont il sembloit qu'ils craignissent la reddition. Tant de soins, tant d'embarras, tant de prévoyance, tant d'avance, dont je ne suis pas encore payé, tant de veilles ont abouti à la vérité à la prise d'une place, la plus fameuse de l'Inde, mais dont nous ne tirons pas, comme on l'auroit pu, tout l'avantage qu'elle devoit procurer à vous, Monsieur, et à la Compagnie : et cela, parce qu'il ne s'est pas trouvé une personne auprès de vous qui pût vous faire sentir l'inutilité d'un traité de rançon fait avec des prisonniers, qui ne sont point autorisés pour la promettre, et dont tous les otages que vous en tirez deviendront par leur long séjour, dans quelqu'endroit qu'ils soient, à charge, et de vrais mar- j tyrs de l'inexécution d'un traité qui ne peut avoir lieu ni dans l'Inde, ni en Europe.

« Au nom de Dieu, Monsieur, ne vous faites pas illusion à ce sujet. Vous êtes trompé, si vous pensez qu'il soit jamais exécuté. Les colonies éloignées se rançonnent à la vérité; mais ce n'est jnmais en billets, mais à beaux deniers comptans. Les souverains, les Compagnies sont en droit de désapprouver ceux qui les engagent sans ordre. Ils se moquent d'autant mieux de tous ces billets, qu'ils sont encore les maîtres des places rançonnées, et qu'il faudroit une nouvelle guerre pour les faire payer ('). François I traita dans sa prison, il signa tout ce que l'on voulut, ses enfans furent mis en otage, qu'en résulta-t-il ? Vous le savez. Le roi Jean, prisonnier en Angleterre, en fit autant ; le résultat fut le même. C'étoit pourtant des têtes couronnées qui traitoient, et sur la parole desquelles on devoit compter. Elles furent inutiles. On déclara qu'étant prisonniers, ils ne pouvoient s'engager. Qu'ils le pouvoient pour se tirer de presse, mais qu'ils n'étoient point obligés de tenir leur promesse et leurs sermens. Ces paroles royales, qui ne devroient jamais se rétracter, l'ont été cependant. Que ne devez-vous point attendre de particuliers, qui ne datent de rien dans le monde, qui ne sont point autorisés, et qui ne peuvent exécuter ni faire exécuter leurs promesses. Pour peu que vous vouliez faire quelques réflexions sur les inconvéniens qui résulteront de votre traité, je suis persuadé que vous en reconnoîtrez le faux. S'il étoit comptant, quoique l'on pût espérer des avantages plus considérables par la suite, je me rangerois plus facilement de votre avis : mais j'ai l'honneur de vous le dire en frère, en ami, il n'aura point d'exécution. Il est encore tems d'y apporter remède. Dites, Monsieur, je vous en supplie par tout ce que vous avez de

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