‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 34 sur 128 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

nous l'avons vu, des traités de fortifications étudiés pendant sa jeunesse il préparait un habile plan de défense.

Protégée par une enceinte continue et bastionnée à la Vauban, Pondichéry ne possédait cependant pas des ouvrages assez parfaits pour résister à des assiégeants européens conduits d'après les derniers principes de l'art militaire. Les bastions de l'est étaient parallèles à la mer des Indes, ceux du sud à la rivière d'Ariancoupan; ils formaient ensuite un angle droit pour gagner l'ouest; l'angle nord-ouest, manquant de feux était d'une grande faiblesse. En dehors de la ligne ouest des fortifications, dominée par une citadelle pentagonale, s'étendait une plaine fertile et légèrement accidentée, coupée par des canaux servant aux rizières, par des étangs, des marais, le tout agrémenté de grands cocotiers. Des allées ombreuses conduisaient à Ariancoupan, à Circé ou formaient les limites du territoire de Pondichéry. Un ruisseau qui descendait du nord au sud-ouest, tributaire de la rivière d'Ariancoupan, pouvait contribuer à la défense; mais le plus précieux auxiliaire de Dupleix devait consister dans la nature même du terrain crétacé qui s'étend autour de la ville et dans les grosses fautes commises par l'amiral anglais peu accoutumé à la direction d'un siège.

D'après le plan de Dupleix, l'action devait se passer en plaine, sous la protection de la forteresse jouant le rôle de batterie de position, et autour des nombreuses redoutes élevées dans la campagne. Dans l'hypothèse de la prise ou de la destruction de ces ouvrages, on se replierait sur Pondichéry, et alors l'ennemi devrait commencer un véritable siège en règle. On le fatiguerait, on gênerait ses pionniers, on détruirait ses travaux par des sorties continuelles. Dupleix créa enfin un parc d'artillerie de réserve afin d'augmenter rapidement, selon les circonstances, l'intensité du feu sur un point ou sur un autre sans dégarnir la place de ses pièces ordinaires.

Nous empruntons au Journal de Verdun^ du mois de mai

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