‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 35 sur 128 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

1749, le récit de ce mémorable fait d'armes, qui eût suffit à lui seul pour immortaliser la mémoire de Dupleix :

« On a appris par des lettres de Londres le mauvais succès de l'entreprise formée pendant la dernière guerre par les Anglois contre Pondichéry. Ces nouvelles ont été confirmées en partie par des lettres de M. Dupleix, commandant général des établissemens possédés par la Compagnie des Indes, mais elles ne contiennent encore que les premiers détails de l'expédition dont on a appris les suites par la Gazette d'Arigleterre.

« M. Dupleix mande que l'amiral Boscawen ayant fait ses approches du côté xA.rchiouack, attaqua au mois d'août dernier, avec quinze cens hommes de troupes réglées et deux mille noirs, le camp retranché que les François y tenoient depuis six mois, et de la défense duquel on avoit chargé des Cipays; ces derniers quoiqu'il leur eût été ordonné de ne faire que quelques décharges de mousqueterie, et de se replier ensuite sur un corps de troupes posté à Ariancoupan, soutinrent l'assaut avec la plus grande intrépidité, et repoussèrent trois fois les xA.nglois, qui en cette occasion firent une perte considérable. L'ordre ayant été récidivé aux Cipays de se retirer, ils firent une fort belle retraite. Ce premier échec découragea les troupes noires des Anglois, et eux-mêmes ne le furent pas moins par le mauvais succès de l'attaque du fort d'Ariancoupan, dont ils avoient tenté de s'emparer sans échelles et sans grenades; cette témérité leur coûta au moins cent de leurs plus braves soldats et la plupart de leurs meilleurs officiers; depuis cette action ils s'occupèrent à élever une batterie qui battoit en même tems le fort d'Ariancoupan et deux batteries établies par les François. M. Dupleix fait de grands éloges de la conduite de AI M. Prévôt de la Touche, Law ('), et de la Borderie, qui ont deffendu Ariancoupan. »

« Voici ce que la Gazette Angloise nous apprend de la suite du siège, depuis le jour de la date des dépêches de M. Dupleix : Le fort d'Ariancoupan ayant sauté, et les Anglois ayant passé la rivière qui étoit entre eux et Pondichéry, l'amiral Boscawen ordonna à sa flotte de s'avancer vers le nord, et après avoir établi une communication de ce côté, il fit ouvrir la tranchée devant la place le 30 du mois d'août au soir. Le premier septembre, les assiégés firent une sortie de trois cens Européens et de sept cens noirs, mais ils furent repoussés. Trois de leurs officiers furent tués et M. de Paradis, leur ingénieur en chef, fut blessé mortellement. Divers obstacles nuisant aux progrès des travaux des assiégeans, ils ne purent achever l'établissement de leurs batteries que le 25 septembre. Elles étoient au nombre de quatre, la première de cinq gros mortiers et de quinze

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