I. Law de Lawriston, neveu du célèbre financier de ce nom
royales, la seconde de quinze Cochorns, la troisième de huit pièces de canon, dont six de vingt-quatre livres de balles et deux de dixhuit, la quatrième de quatre pièces, dont deux de vingt-quatre. Deux batteries que les assiégés élevèrent de leur côté, et qui incommodèrent fort la tranchée, mirent les Anglois dans la nécessité d'en établir deux nouvelles, l'une de trois pièces de canon, l'autre de deux. Afin que leurs ingénieurs ne fussent point détournés de la conduite des autres ouvrages, leurs officiers d'artillerie se chargèrent de la direction de ce travail. Dès le tems de l'ouverture de la tranchée, l'amiral Boscawen avoit fait approcher une galiotte à bombes pour bombarder jour et nuit la citadelle. Les François coulèrent à fond la chaloupe amarrée à la poupe de cette galiotte, et ils l'accablèrent d'un tel feu, qu'elle fut obligée de s'éloigner. Cependant la saison s'avançoit, et les assiégés étant parvenus à former une inondation sur le front de l'attaque, il fut impossible aux Anglois de la pousser plus loin. Ces raisons déterminèrent l'amiral Boscawen, à tenter un dernier effort pour contraindre la ville de se rendre. Il fit étendre en croissant les vaisseaux de la flotte, qui commencèrent tous en même tems à canonner la place, dont l'artillerie répondit par un feu très vif. Comme les vaisseaux Anglois consommoicnt une grande quantité de poudre, sans produire beaucoup d'effet, l'amiral Boscawen donna l'ordre de se mettre hors de la portée du canon, mais un vent de mer qui s'éleva pendant la nuit, les empêcha de se retirer assez loin, et le lendemain au matin ils souffrirent quelque dommage du feu de la ville. Un homme fut tué sur le Vigilant^ et M. Adam, commandant le Warwich^ ayant eu la cuisse emportée d'un boulet de canon, mourut de sa blessure. Les jours suivans, les batteries des assiégeans continuèrent de tirer et renversèrent plusieurs ouvrages. L'amiral Boscawen se proposait de faire brèche à la courtine du front de l'attaque, mais cela fut impossible, les assiégés ayant démasqué une batterie de six pièces de canon dans cette même courtine, et une autre dans la courtine voisine. Le 14 octobre, les commandans de la flotte Angloise tinrent un conseil de guerre, dans lequel il fut décidé que la perte faite par les assiégeans dans les différentes attaques, montant déjà à près de sept cens hommes, leurs troupes s'affoiblissant tous les jours par les maladies, les vaisseaux de guerre n'étant d'aucun secours pour le siège, et le tems des pluyes approchant, ils couroient risque, en s'obstinant à demeurer devant la place, de perdre leurs munitions et leur artillerie ; que peut-être les chemins deviendroient impraticables, même pour les troupes de terre, si elles attendoient plus longtems à se retirer ; que d'ailleurs il étoit à craindre que la flotte ne fût chassée de la côte ; qu'ainsi les Anglois ne pouvoient faire rien de plus sage que de renoncer à leur entreprise, pendant qu'ils étoient encore sûrs de pouvoir rega-