CHAPITRE CINQUIEME
cèrent à toute hostilité et laissèrent le champ libre à Dupleix. Malheureusement pour la France, celui-ci n'avait pas à sa disposition les forces nécessaires pour en profiter. »
Dupleix reçut des lettres de félicitation du nabab d'Arcate, du nizam d'Hyderabad, de l'empereur de Delhy ; enfin de Machault, Contrôleur-général des finances et des directeurs de la Compagnie. Machault lui écrivit en date du 8 avril 1749:
« Nous avons appris, il y a 15 jours. Monsieur, par les nouvelles parvenues en Angleterre, que l'amiral Boscawen, nonobstant toutes ses forces réunies, a été contraint de lever, le 17 octobre, le siège de Pondichcry. Cet événement, dont le succès vous est dû, est glorieux pour le Roi, honorable pour la Nation, et très avantageux pour la Compagnie, qui doit être aujourd'hui en grande considération aux Indes. J'en attends avec impatience les détails, que sans doute vous vous serez pressé de m'envoyer par la première occasion que vous aurez pu vous procurer. — Vous devez être persuadé que je me ferai un plaisir, lorsque je les aurai reçus, d'en rendre compte à Sa Majesté qui est déjà disposée à récompenser la conduite que vous avez tenue depuis le commencement de cette guerre, et le service essentiel que vous venez de rendre à la Compagnie. Elle vous marque sa reconnoissance, et je ne puis que louer les dispositions où elle est à votre égard ('). »
Le 1 1 avril, la Compagnie faisait écrire à Dupleix :
« Ce ne sont plus des Maures ou des Marates, Monsieur, c'est une des plus belliqueuses nations de l'Europe, qui confiant ses intérêts et son ressentiment à deux amiraux de réputation, passe aux Indes avec des frais immenses, sur la plus nombreuse fiotte qui ait jamais paru dans l'Océan Oriental, et qui après y avoir joint à ses troupes celles de ses alliés, vient avec tant de forces réunies, d'échouer aux pieds des murs que vous défendiez, et se trouve obligée, après un siège de quarante-sept jours, qui lui a coûté bien du monde, de se retirer avec confusion.
« Quel trait plus marqué de cette Providence, dont vous avez tant de fois reconnu la protection ! Mais en même tems quelle gloire pour vous. Monsieur !
« Tout ce que vous aviez fait jusques-là devoit à la vérité nous tranquilliser sur le sort de Pondichéry, et vos dernières lettres du 28 août, écrites dans le même temps que les Anglois avoient com-