CHAPITRE PREMIER
« Enrichis de leurs dépouilles, les HoUandois sont trèspuissans dans l'Inde, soit à la côte Malabar, où ils sont comme souverains d'un très-vaste pays, soit à la côte Coromandel, où ils ont beaucoup de beaux établissemens, indépendamment de rislc de Ceylan, des Isles de Java et de Sumatra et des Isles Moluques, qui leur produisent des trésors surtout par le commerce du poivre, de la canelle et des fines épiceries. C'est dans l'Isle de Java qu'est la fameuse ville de Batavia.
« A l'imitation des Holîandois, les Angloîs, dès le commencement du XVII siècle, tentèrent fortune aux Indes ; et après bien des traverses et bien des guerres, ils sont parvenus à y entretenir un commerce fort étendu, et des établissemens considérables, dont les principaux sont sans doute Madras, Goudelour, Visigapatan, Ingiron et Divicotté, à la côte Coromandel ; Bombay, Tallichery, Angisique, à la côte Malabar ; Golgota ou Càlicota (^), Cazimbazard, Daka, Jougdia, Patena, Balassor, dans le Bengale, outre Bancoul, qu'ils ont à la côte de Sumatra. »
Les Danois possédaient Trinquebar, sur la côte de Coromandel,
Les Français, ou mieux la Compagnie française des Indes, avaient un comptoir à Surate, organisé par Caron, en 1670, et la ville de Mahé, sur la côte de Malabar ; sur celle de Coromandel, ils occupaient Pondichéry (en hindou Phoolchery), bourgade achetée au souverain du pays (2), en 1672, par l'agent IMartin de la Compagnie des Indes Orientales, pour servir de refuge aux soixante colons de Ceylan et de Saint-Thomé (^); Mazulipatam ; au Bengale, Chandcrnagor, sur la rive droite de l'Hougli, l'un des bras du Gange, à vingt-cinq kilomètres