‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 40 sur 128 · Mémoires de Dupleix, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Dupleix, p

2. Cette lettre fait partie de la co.lection ArieL (Bihlioth. nationale.)

qui fut le caractéristique de son génie, Dupleix s'engagea à intervenir. Il prévint la Compagnie le 29 janvier et lui écrivit encore sur le même objet le 31 mars :

« Les Anglois conservent toujours plus de dix vaisseaux de guerre et toutes leurs troupes à Gondelour, tant blanches que noires, ce qui m'arrête pour réformer les nôtres. Je ne sçais quel peut être leur dessein. Sans doute que leur Cour leur aura donné ordre de ne point désarmer jusqu'à la paix, dont on ne peut tarder d'apprendre la conclusion. Je voudrais bien exempter à la Compagnie des dépenses, qui ne sont utiles à présent, que parce qu'il plaît à l'ennemi de continuer les siennes, et qu'il ne convient pas que nous nous trouvions dépourvus, si la paix, par malheur, ne se concluait pas. Je fais cependant de jour en jour de petites réformes ; et Chanda-Saëb, qui approche, dit-on, de cette province, s'est chargé de la dépense qu'occasionne le nombre des cipays et de cavalerie qui paroissent être toujours à notre service. Ainsi si ce seigneur arrive incessamment, et se rend maître de la province (du Carnate) comme il y a toute apparence, les troupes passeront à son service, si nous n'en avons plus besoin, et il tiendra compte de la dépense, à commencer du premier du courant ('). »

Dans le même temps Nizam-El-Moulouk mourut presque centenaire. Cette mort occasionna des troubles. Anaverdikan se raffermit à Arcate ; Nazerzingue, fils naturel du défunt, se saisit des trésors considérables de son père et les utilisa pour se gagner les principaux officiers et dignitaires du Dékan, et se faire enfin reconnaître comme soubab. Par testament, El- Moulouk avait institué pour son successeur et seul héritier Mouzaferzingue, son légitime petit-fils. Ce prince fut confirmé dans cette souveraineté par l'empereur de Delhy. Nazerzingue reçut du grand Mogol l'ordre de venir à la Cour rendre compte de sa conduite. Il se garda bien d'obéir.

Mouzaferzingue, dans ces délicates conjectures, crut devoir s'assurer tout d'abord l'amitié de Dupleix. Il se serait de Chanda-Saëb pour lui demander conseil et secours contre l'usurpateur. Chanda-Saëb fut trop heureux de pouvoir, par la même occasion, servir les intérêts, « du grand nabab de Pondichéry ; avec qui, dit M. Tibulle Hamon, il entretenait

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