‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 41 sur 128 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

une correspondance suivie, dont madame Dupleix était l'inspiratrice. »

Dupleix engagea Mouzaferzinguc à user de ses droits en nommant un autre gouverneur du Carnate en remplacement du rebelle Anaverdikan, ennemi de la France, dévoué à Nazerzingue, et sur sa proposition, le choix du soubab tomba sur Chanda-Saëb (').

Ce nabab paya donc l'entretien des troupes de la Compagnie des Indes depuis le i^r mars jusqu'au mois de juillet 1749- La Compagnie fit les avances de ces frais, mais le prince donna sa parole de tout rembourser.

Arrivé, avec son armée, près d'Amour ou Ambour, non loin d'Arcate, Chanda-Saëb en informa Dupleix et ordonna à Aly-Reza-Kan, son fils, qui résidait à Pondichéry, de le joindre avec les troupes disponibles. Aly-Reza-Kan alla trouver le commandant-général. Celui-ci le présenta au Conseil Supérieur, où il fut fait lecture des dépêches du nabab.

Voici copie d'un extrait du registre des délibérations du Conseil Supérieur de Pondichéry, commençant au 25 janvier 1746, folio 62 :

Du 13 juillet 1749.

MONSIEUR le Gouverneur ayant voulu, le premier mars dernier, congédier tous les Cipayes, entretenus au service de la Compagnie depuis la guerre, le fils de Chanda-Saëb, qui étoit toujours ici, et attendoit journellement le retour de son père, pour venir prendre possession de la nababie, ou gouvernement de cette province, le pria par ordre de son père, de vouloir bien lui céder tout ce qu'il y avoit de troupes au service de la Compagnie, en continuant cependant jusqu'à son retour de les faire payer et fournir à leurs autres dépenses à l'ordinaire par la caisse de la Compagnie, et comme s ils étoient encore à son service, tant parce qu'il n'étoit pas pour lors en argent comptant, que pour en dérober la connois-

I. « Dapleix, d'après M. TibuUe Hamon, p. loi, avait dans les mains une lettre da Saunders, le gouverneur de Aladras, qui offrait à Mouzaferzingue deux mille hommes de troupe à ^/zaMz^, à la condition que le nabab donnerait à Anaverdikan le gouvernement de Pondichéry, de Diry et de Saint-Thomé, et qu'il retirerait aux Français les terres entre Tévenapatam et Pondichéry. »

sance aux rivaux et ennemis de son père ; mais sitôt qu'il seroit en possession du gouvernement, il rembourseroit toutes les dépenses qu'ils auroient occasionnées depuis ledit jour premier mars. Monsieur le Gouverneur, que la seule vue et considération des grands avantages qui ne pourroient qu'en résulter à la Compagnie, si ce seigneur réussissoit et parvenoit à avoir le gouvernement de la province, a engagé non-seulement de continuer à entretenir une exacte et étroite correspondance avec ce seigneur ; mais même à employer ses bons offices et sollicitations en sa faveur, tant auprès des Marates, qu'à la cour des Maures ; malgré les embarras et surchargemens de travail et d'occupations où il s'est trouvé dans ces derniers tems, n'a pas cru, puisqu'il avoit tant fait pour lui jusqu'à présent, et sur le point de voir enfin décider cette affaire, qu'il convînt de reculer dans cette occasion, et de lui refuser encore cette grâce, dont le refus lui faisoit perdre et à la Compagnie le fruit de toutes les peines et travaux qu'il s'est donné jusqu'à présent pour ce seigneur, d'autant encore que cela procureroit à la Compagnie une porte honorable pour congédier et se défaire de toutes ses troupes, des services desquelles nous n'avons que lieu d'être contens, tant pendant le siège, que dans les diverses actions qui se sont présentées depuis la guerre, et qu'ils sont au service.

« Le fils de Chanda-Saëb ayant eu avis que son père étoit arrivé à Ambour, qui n'est qu'à deux journées de chemin d'Arcate, dont il vient prendre possession, et lui marquait de venir le trouver avec les Cipays, et autres troupes, qu'il lui avoit donné ordre de lever, ce jeune seigneur est venu faire part de cette nouvelle à Monsieur le Gouverneur, et lui a demandé de lui remettre nos Cipays.

«Par l'arrêté du compte des dépenses qu'ils nous ont occasionnées depuis le premier mars dernier, elles se sont trouvées monter, tant en payes, qu'en fournitures du magazin, etc., à la somme de 30516 pagodes, qui à raison de 320 roupies pour cent pagodes, font 97,651 roupies i fan. 32 cach., dont il a fait son billet, ne se trouvant point en état de rembourser comptant, et dont en suit la teneur:

< J'ai soussigné Aly-Reza-Kan, fils de Chanda-Saëb, reconnais et « confesse devoir à la Compagnie des Indes, la somme de trente « mille cinq cens seize pagodes, à raison de trois cens vingt roupies, « pour cent pagodes pour gages de cinq mois aux Cipays de Mouza- « ferkan, Cheikassem et Cheikybrahim, qui ont passé à mon service

Page 1