‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 44 sur 128 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

lement aux yeux des Hindous et matérialement par les Anglais à l'affût de toutes les fautes pour en profiter.

Afin de s'éviter tout reproche dans la suite, Dupleix se fit régulièrement autoriser par le Conseil Supérieur de Pondichéry. Et la Compagnie, à bout d'expédients pour ne pas lui payer ses dettes, fut bien mal fondée, plus tard, à lui reprocher, à lui contester son droit d'intervention dans les affaires de l'Hindoustan. Elle souleva cette objection après le rappel en France de Dupleix, quand elle cherchait à le couvrir de toutes les iniquités d'Israël î

L'auxiliaire fourni par Dupleix valut à la Compagnie une donation splendide, et de 1749 à 175 1 cette Compagnie, nous le verrons plus loin, approuva continuellement la guerre. Il en fut de même du ministre et des commissaires royaux.

Cette levée de boucliers procura à la Compagnie des avantages réels montant à des revenus fixes et annuels considérables : 2,679,457 roupies, soit 6,430,696 livres, 16 sols, indépendamment du profit de son commerce.

Nous avons tenu à établir pièces en mains ces chiffres et CCS merveilleux résultats, afin de faire complètement justice de certaines allégations émises encore injustement contre notre héros.

Parvenu avec son détachement sur la frontière du Carnate, le comte d'Autheuil trouva réunies les forces des deux princes.

Désespérant de pouvoir se défendre dans Arcate, Anaverdikan s'était retiré avec ses troupes au pied d'une montagne couronnée par la forteresse d'Amour ou Ambour ; l'usurpateur campé dans une situation avantageuse, couverte par de solides retranchements, se flattait de ne pas être inquiété. Il se trompa!

Le 3 août 1749, il fut attaqué avec la plus grande vigueur et se défendit en désespéré! Après avoir été deux fois repoussés, nos soldats, plus heureux dans une troisième tentative, renversent enfin les obstacles amoncelés sous leurs pas et pénètrent dans le camp. L'armée d'Anaverdikan lâcha pied aussitôt et lui-même fut tué dans l'action ! Mafouskan son fils

tomba entre les mains des vainqueurs et le comte d'Aulheuii, payant bravement de sa personne en tête du contingent européen, fut blessé à la cuisse d'un coup de feu.

Après cette victoire, les princes entrèrent sans résistance à Arcate et Chanda-Saëb fut installé dans son gouvernement par Mouzaferzingue. Les Anglais eux-mêmes le reconnurent en cette qualité et il fut complimenté par Floyer, gouverneur britannique deMadras.Cette ville avait été rendue parDupleix, le 12 juillet précédent.

Trichinapaly restait au pouvoir de Mamet-Alykan, second fils d'Anaverdikan ; Dupleix engagea Mouzaferzingue à nommer à cette place Aly-Reza-Kan, fils de Chanda-Saëb. Les deux princes avaient hâte de se reposer sur les lauriers cueillis par d'Autheuil à leur intention et de jouir des fruits éphémères d'un premier triomphe ; ils prétextèrent la blessure du chef français et vinrent parader à Pondichéry. Dupleix dut faire contre mauvaise fortune bon cœur. La faute commise fut irréparable !

Chanda-Saëb entra le premier à Pondichéry, accompagné de son armée triomphante, composée de 23,000 fantassins, 14,000 cavaliers, 216 éléphants et 6,000 arquebusiers ou arbalétriers, suivis d'un nombre considérable de gens escortant les bagages.

Autour du prince se trouvait une multitude de rajahs, officiers, seigneurs, aux riches et superbes costumes éclatant sous le magnifique ciel de l'Hindoustan.

« Ils firent leur entrée dans la ville, qui les salua de toute son artillerie, dit un témoin oculaire. Le gouverneur, qui vint les recevoir aux limites, était accompagné dans sa marche de toutes les marques de distinction attachées à ses dignités.

« En tête paraissait un éléphant portant un drapeau blanc dans lequel on remarquait cinq soleils (ce qui n'appartient qu'aux masoubdars (0- Ensuite venaient deux autres éléphants, les nabates, espèce de timbales qui n'est affectée qu'aux nababs dans leur gouvernement. Après cela marchait un autre éléphant, portant aussi un drapeau blanc, avec un soleil brodé d'or. A ses côtés, deux

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