I. Soubab
chameaux portaient deux autres timbales. Ils étaient suivis d'un officier à cheval, portant un étendard à fond blanc, brodé en rouge et en vert, et chargé d'une main d'or armée d'une épée. Cinq cents cavaliers s'avançaient ensuite l'épée à la main, suivis de soixante dragons français qui accompagnaient le palanquin de M. Dupleix. On portait à sa droite douze petits étendards blancs ornés au milieu d'un soleil d'or ; à sa gauche paraissait le palanquin de Chanda- Saëb, ayant à ses côtés huit étendards verts chargés d'un soleil d'or. La suite était composée : d'un éléphant, qui marchait en tête, sur lequel était son drapeau vert orné d'un soleil d'or ; de trois mille cavaliers ; de deux cents gardes de sa personne marchant l'épée nue, de quatre cents lanciers et arbalétriers. Son palanquin était entouré de douze chopdards ou porteurs d'ordres, armés de longues cannes et de six autres portant des masses d'argent.
« Ce cortège se rendit à la forteresse, où Chanda-Saëb fit à M. Dupleix son présent, composé d'une magnifique toque (emblème des hautes dignités), ornée d'un bouquet en forme d'aigrette d'or, garnie de diamants, d'une cabaye ou robe tissue d'or et de soie, et d'une ceinture brodée en or.
« Chanda-Saëb mit lui-même la toque sur la tête de M. Dupleix, et cette cérémonie fut accompagnée du bruit de l'artillerie de la forteresse. Le nabab demeura trois jours à Pondichéry, après lesquels il fut reconduit jusqu'à la porte de la ville avec les mêmes cérémonies qui avaient été observées à sa réception.
« Deux jours après, le gouverneur de Pondichéry sortit au devant de Mouzaferzingue, qui avait différé jusqu'alors de faire son entrée.
<i M. Dupleix était accompagné de tout le Conseil Souverain et avec la même suite dont on a donné la description.
« Les deux premiers conseillers de Pondichéry avec M. Albert (') qui parle la langue indoustane, furent députés pour complimenter Mouzaferzingue sur sa route, et aussitôt que M. Dupleix eut avis que ce prince approchait des limites, il s'avança pour le recevoir.
« Le soubab avait à sa suite cinq mille cavaliers, tous le sabre à la main. Son drapeau était blanc, chargé au milieu d'un côté de la moitié d'un soleil, de l'autre d'un croissant de couleur d'or. 11 était porté par un éléphant ; mille lanciers marchaient ensuite accompagnés de deux éléphants qui portaient chacun deux petits canons et deux livres de balles. Ils étaient suivis de huit cents chameaux chargés de fusées armées, dont les Maures se servent dans le combat au lieu de grenades. Suivait un nombre infini de drapeaux et d'étendards, qui étaient les marques des dignités de tous les grands officiers, dont la suite de Mouzaferzingue était composée. On en compta plus de deux mille sept cents.