I. Frère de Madame Dupleix
« Après cela, paraissait un éléphant portant un étendard noir, orné d'un côté d'une main armée d'un sabre d'argent. (Cet étendard était celui de Nizam-El-Moulouk, depuis qu'il avait vaincu le vice-roi de Golconde) ; sa devise était une main armée d'un sabre (^), et de l'autre d'un croissant et de la moitié d'un soleil. Cet éléphant était entouré de vingt-quatre autres, chargés de leur petite tour sur le dos, où étaient assis les principaux généraux qui accompagnaient Mouzaferzingue. Après quoi marchaient cinq cents cavaliers armés de flèches. Mouzaferzingue lui-même paraissait enfm sur son éléphant, prodigieusement grand, ayant à ses pieds son fils, âgé d'environ huit ans et celui de Chanda-Saëb. On conduisait à sa droite un éléphant qui portait l'étendard nommé: mainnavatte, et tous les petits étendards qui étaient la marque des dignités dont Nizam- Moulouk, son grand-père, était revêtu. Sa garde était composée de dix mille cavaliers, superbement vêtus, marchant l'épée nue. Il était environné de vingt-quatre soubdars, à masses d'argent, et de cent chopdars, armés de longues cannes.
« On portait devant lui un étendard à fond blanc, orné d'un croissant et d'un soleil.
« Douze éléphants fermaient la marche et portaient la mère, la femme et le reste de la famille du soubab dans leurs ckeiroses, ou petites tours couvertes. Elles étaient gardées par cinq mille arquebusiers, mille lanciers et arbalétriers et mille cavaliers. Le reste ds l'armée campa dans les aldats de Villenour avec tous les prisonniers.
« Ce cortège étant arrivé à la tente de M. Dupleix — précédé da détachement victorieux des troupes françaises, — Mouzaferzingue mit pied à terre, entra dans la tente avec son fils, et complimenta M. Dupleix de la façon la plus polie et la plus honnête.
« De là, ils se mirent en marche avec toute leur suite et furent salués à leur entrée à Pondichéry de toute l'artillerie de la forteresse et des remparts. Les Maures, peu accoutumés à ce bruit, en furent épouvantés, et comme la plupart n'avaient jamais vu la mer, ils coururent avec empressement vers le port pour satisfaire leur curiosité.
« Il y eut, le soir, un grand souper au Gouvernement. La moitié de la table était servie dans le goût des Maures pour Mouzaferzingue et sa suite; l'autre à l'européenne pour les Français.
« C'est l'usage qu'avant de servir les mets pour Mouzaferzingue, son majordome en fasse l'épreuve, qu'il les mette ensuite dans une boîte qu'il scelle de son cachet. C'est en cet état qu'ils sont présentés sur la table. Le soubab ayant reconnu le sceau de son officier, fait ouvrir la boite et mange sans crainte. C'est un usage établi parmi les