‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 52 sur 128 · d., 02- cit., p · texte numérisé non relu

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votre lettre. Je n'ai autre chose à répondre que de se tenir fermement aux propositions que fait Mouzaferzingue. L'honneur de la nation, le bien de ces seigneurs, tout est à l'abri et je ne souhaite autre chose. Aussi agissez en conséquence. Tâchez de vous trouver à toutes les conférences. S'il convient de traiter, vous tiendrez toujours votre armée et celle du nabab en état, car c'est dans ces circonstances là qu'il faut veiller plus attentivement. »

Dupleix cherchait toujours à gagner du temps, afin de ruiner l'influence de Nazerzingue et de le séparer des Anglais, néanmoins tout en négociant avec Nazerzingue qui hésita, rempli d'une peur secrète, il engageait d'Autheuil à l'action.

« Le soldat français, lui écrivait-il avec un à-propos et une sûreté de vue partagée par nos plus grands tacticiens et stratégistes, ne vaut que pour l'offensive. Il s'impatiente et se gâte dans l'inaction. Vous n'ignorez pas l'avantage de celui qui attaque. Tâchez donc d'en profiter. Vous savez que les gens de ce pays sont aisés à surprendre. Donnez-leur alerte dès la plus petite pointe du jour... Quelle opinion a-t-on de ce Lawrence ? A-t-on oublié l'affaire d'Ariancoupan, celle d'Ambour, où trois cens braves gens ont sçû forcer l'ennemi retranché avec autant de canons qu'il en a à présent ? Vous n'aviez alors que cinq à six pièces ! »

Les deux armées s'étaient rapprochées d'assez près, pour avoir entre elles de fréquentes escarmouches. Les Anglais dirigèrent un feu violent sur notre camp. D'Autheuil après l'envoi d'un parlementaire fort mal reçu parLawrence,répondit en envoyant sur les ennemis une pluie de boulets ; l'armée de l'usurpateur recula d'une lieue. Un projectile passa tout à côté de Nazerzingue. Celui-ci s'empressa de descendre de son éléphant et de prendre la fuite après avoir supplié en vain les Anglais de faire tête à nos soldats. Désormais ce soubab de contrebande, plein d'un juste mépris pour les troupes britanniques, écouta volontiers Dupleix demandant pour Mouzaferzingue, Adony ; Rajpour et le Carnate pour Chanda-Saëb ; sans omettre bien entendu la confirmation des dons fonciers et concessions faits par Mouzaferzingue et Chanda-Saëb à la Compagnie.

Les envoyés français, Beausset et Larche, conseillers au Conseil supérieur de Pondichéry, attendaient la signature de

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