‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 59 sur 128 · CHAPITRE SEPTIEME. lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME. lU

votre santé vous permet de rester avec nous, nous ferons un usage avantageux des lumières que vous avez acquises; et si vous étiez obligé de retourner aux Indes, nous pensons, comme nous vous l'avons déjà dit, Monsieur, que les affaires de la Compagnie ne peuvent y être mieux administrées que sous vos ordres. La situation où vous vous trouvez, et l'enchainement de vos obligations avec les seigneurs Maures dont nous venons de parler, nous font désirer que vous puissiez voir vous-même l'heureuse fin d'un ouvrage que vous avez si bien commencé, et que tout autre que vous auroit bien

de la peine à conduire

« Rien de plus satisfaisant que le tableau de comparaison que vous nous remettez, puisqu'il en résulte que toute la dépense de nos (^) comptoirs de la côte Coromandel payée, il doit y avoir un excédent assez considérable pour augmenter les cargaisons que vous nous enverrez chaque année. Cet excédent joint à la somme qu'il falloit prélever jusqu'ici pour ces mêmes dépenses, est un objet important pour la Compagnie, et le fruit de vos opérations, dont elle doit conserver un souvenir bien précieux (-). »

Par sa lettre du 21 novembre 1750, la Compagnie engage Dupleix à rester dans l'Inde afin de conduire en personne les opérations épineuses entraînées par son alliance avec les princes.

« Si, comme nous l'espérons, T^Ionsieur, notre première dépêche du 25 septembre vous a trouvé à Pondichéry, vous avez vu combien il vous paroissoit important que vous puissiez y prolonger votre séjour, jusqu'à voir finir les affaires du souba et de Chanda-Saëb.

« C'est à vos conseils, c'est aux secours que vous leur avez donnés, c'est à la justesse des mesures que vous avez concertées, qu'ils ont dû jusqu'ici tous leurs succès. Et que deviendroient tous les avantages que la Compagnie a déjà retirés de leur alliance, si quelque revers éprouvé pendant votre absence, suspendoit ou changeoit la suite de leurs opérations ?

« Quelques lumières et quelque bonne volonté que puissent avoir ceux à qui vous remettriez l'administration, quelqu'étendues que fussent les instructions que vous ne manqueriez pas de leur laisser, il n'est pas possible de prévoir tous les cas qui peuvent arriver, et encore moins de transmettre tous ces talens personnels, qui remédient aux inconvéniens, déterminent les incertitudes et savent vaincre les obstacles.

1. Le texte des Mémoires de Dupleix, p. 195, porte à tort vos, c'est une faute d'impression.

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