‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 60 sur 128 · Mémoires de Dupleix, p. 194 et · texte numérisé non relu

Mémoires de Dupleix, p. 194 et

« L'expérience que vous avez acquise dans vos différentes négociations par le maniement suivi des affaires, la connoissance parfaite du caractère des chefs avec lesquels vous avez traité et l'entière confiance qu'ils ont en vous, voilà des avantages réels qui n'appartiennent qu'à vous seul, que vous ne sauriez communiquer, et sans lesquels il est bien difficile d'employer avec habileté les moyens que ; les différentes circonstances peuvent exiger.

' « Nous pouvons encore vous représenter que les personnes que i vous avez engagées à prêter de l'argent à Chanda-Saëb, vous regar- ' dent comme une caution certaine de leurs avances, et que le soldat que vous détachez pour soutenir ses troupes se croit assuré des succès lorsque vous dirigez sa marche. Mais cette confiance commune de l'étranger, de l'habitant, de la garnison et de la colonie entière, sera-t-elle la même pour celui qui vous succédera? On en jugera favorablement par l'intérêt même que vous avez eu à le bien choisir; mais il n'aura pas encore fait ses preuves et dès-là la Compagnie pourroit-elle vous déguiser ses inquiétudes (') ? »

La Compagnie ne pouvait pas mieux témoigner de sa satis- ' faction pour les négociations entretenues par Dupleix avec les princes, négociations terminées par une triple alliance. Elle ne pouvait pas mieux reconnaître combien elle se sentait intéressée à l'enchaînement de cette alliance ! Elle ne pouvait pas mieux le convaincre de sa résolution de répondre aux engagements pris pour elle avec Chanda-Saëb et Mouzaferzingue, puisqu'elle n'hésitait pas à lui faire passer trois cents hommes devant aider à remplir ces engagements. Pouvait-elle mieux faire l'éloge des opérations de Dupleix, quand elle avouait et déclarait: « Qu'elle en devoit conserver un souvenir bien précieux, et qu'elle seroit toujours parfaitement disposée à récompenser des services aussi signalés? » Enfin pouvait-elle mieux marquer sa pleine satisfaction, sa plus entière confiance, si ce n'est en écrivant à Dupleix : « les affaires de la Compagnie ne peuvent être mieux administrées que sous vos ordres etc. »

Les commissaires royaux ne tenaient pas un autre langage dans leurs lettres au gouverneur:

« La guerre de l'Inde, lui écrivait Montaran, dans sa

I, Mémoires de Dupleix, p. 195-196.

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