CHAPITRE SEPTIEME
lettre du 22 novembre 1750, vous fait tout l'honneur imaginable; et sur le compte que j'en ai rendu au Ministre, il a porté lui-même au Roi l'idée flatteuse dont vous nous avez envoyé le tableau, suivant lequel les revenus de l'Inde doivent suffire à la dépense.... Nous sommes heureux dans cette occasion d'avoir un homme aussi éclairé que vous pour nous conduire, etc. (ï). »
Toutes ces lettres signées par tout le corps administratif de la Compagnie, étaient encore visées et signées du ministre; l'approbation de la Compagnie était donc expressément confirmée par celle du ministère.
Les deux mois d'inaction de nos troupes près de Gingy ne furent pas perdus diplomatiquement parlant.
Dupleix avait d'abord essayé, mais en vain, d'après M. TibuUe Hamon, d'exciter d'Autheuil à se porter en avant
« Les maladies dont vous me parlez, lui écrivait-il, m'annoncent ce que j'ai toujours craint, que vos peines et mes inquiétudes n'aboutissent à rien. Je voudrais, je vous le jure, vous voir tous rentrés et paisibles dans vos maisons. Je n'apprends vos incommodités qu'avec peine et voudrois vous les épargner.
« Mais pensez-vous que cette raison soit suffisante pour tout abandonner? Les longs séjours à Tiravady, à Gingy, les pluies! je connois le Maure; il ne lui faut pas davantage pour lui faire faire semblant de reprendre courage. Battre le fer pendant qu'il est chaud est le seul parti convenable avec cette race indigne (2). »
Le Gouverneur avait entretenu bien des correspondances secrètes avec les principaux chefs de l'armée de Nazerzingue et il était parvenu à mettre dans nos intérêts les chefs des