Mémoires de Dupleix, p
2. Nous empruntons, sous toutes réserves, cet extrait à M. Tibulle Hamon, p. 32 et 33. Le même auteur cite ensuite le passage suivant d'une seconde lettre de Dupleix au comte d'Autheuil : « Au lieu de m'encourager, il semble que vous ne cherchiez qu'à me dégoûter et à m'engager à jeter le manche après la cognée. Duquesne lui aussi a des pluies et les supporte. » — Comment dans le deuxième semestre de 1750, Dupleix pouvait-il invoquer auprès du comte d'Autheuil l'exemple de Duquesne mort au commencement de cette même année ? Voir les Mémoires dt Dupleix, p. 52, § 3e.
Patanes et des Mahrattes, qui commandaient la plus grande partie des troupes du soubab. Leur mépris pour ce dernier et leur estime pour les Français les disposèrent de suite à accueillir favorablement les ouvertures de Dupleix. Ils étaient fort irrités contre Nazerzingue qui retenait, au mépris de la parole donnée, Mouzaferzingue en prison. Ils ne lui pardonnaient pas d'avoir, contre leurs avis, refusé les propositions de paix. Ils désiraient ardemment voir finir une guerre qui ne leur procurait ni gloire ni profit. Enfin, Dupleix avait fait scintiller à leurs yeux honneurs, dignités, récompenses, pensions, de la part de Mouzaferzingue et les trésors de l'usurpateur, trouvés dans son camp, devaient être partagés entre eux et le soubab légitime.
L'entente conclue, Dupleix leur envoya secrètement un pavillon ou drapeau aux armes de France, qui devait être arboré sur un éléphant, dans un lieu d'où il pût être vu des deux armées, en cas de nouveau combat, et à ce signal les troupes des deux chefs devaient, ou mettre bas les armes, ou soutenir les nôtres.
A la fin de la saison des pluies, Nazerzingue envoya trois officiers à Pondichéry pour traiter avec Dupleix. Le soubab craignait une défaite.
Dupleix écrivit à La Touche, qui commandait à la place du comte d'Autheuil, retenu au lit par la goutte, de suspendre toutes hostilités jusqu'à réception d'ordres contraires.
Il était trop tard 1 La Touche était arrivé au camp français dans la nuit du 15 novembre ;' réglant sa conduite sur les instructions données verbalement par le Gouverneur Général, il fit prendre les armes aux cinq cents soixante-cinq soldats européens et aux deux mille Cipayes. A l'aube, il atteignit les avant-postes hindous. L'alarme fut répandue par des cavaliers de grand'garde, les troupes de La Touche chargèrent immédiatement et rencontrèrent une résistance solide. Nazerzingue prit position au centre de son immense artillerie. Celle-ci, maladroitement servie, ouvrit néanmoins un feu formidable contre