‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 63 sur 128 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

bles-

les Français, une poignée d'hommes, dit M.Cartwright, sant entre autres le marquis de Bussy.

A côté de lui le soubab avait fait placer l'infortuné Mouzaferzingue, avec menace de le tuer au premier signe de trahison. Au plus fort du combat, Nazerzingue aperçut un de ses corps d'armée battant en retraite, c'était celui des conspirateurs. Exaspéré, le prince dirigea son éléphant vers eux pour les apostropher et leur reprocher une pareille conduite. Un coup

Éléphant armé en guerre.

de feu du nabab de Canoul le précipita du haut de son houdah, trois balles l'atteignirent en pleine poitrine. Bientôt après sa tête était promenée à l'extrémité d'une pique, au milieu des acclamations enthousiastes accueillant Mouzaferzingue, hissé sur l'éléphant caparaçonné luxueusement, d'où venait de tomber Nazerzingue, et proclamé, au bruit de tous les instruments, soubab du Dékan.

Dix mille hindous de l'armée de Nazerzingue avaient été tués.

Les chefs firent serment de soumission à Mouzaferzingue

et l'accompagnèrent à Pondichéiy. Les vœux de Dupleix étaient réalisés.

Le Gouverneur célébra sa victoire par une pompe dépassant toutes les précédentes, il alla même, pour éblouir davantage l'imagination hindoue, jusqu'à fonder sur le champ de bataille une ville destinée à en perpétuer la mémoire à tout jamais. Cette ville s'appela: Dupleix-Fatey-Abab. (Cité de la victoire de Dupleix.) Des médailles furent frappées à cette occasion.

A Pondichéry, Mouzaferzingue fut reçu avec les honneurs dus à son rang. Il fut ravi des témoignages de déférence des Français et devint lui-même pour toutes les affaires essentielles une machine dans les mains expérimentées du gouverneur, qui jouait le rôle de nos anciens Maires du palais, auprès des derniers IMérovingiens.

Le prince hindou témoigna ostensiblement de sa reconnaissance envers un pareil protecteur, et lui remit le trésor de Nazerzingue,en le priant d'en faire la distribution aux conjurés. Dupleix, s'étant acquitté de ce soin, rendit au soubab ses monceaux de pierres précieuses et de joyaux, sans en garder la moindre part.

Sous une tente splendide plantée sur la place principale de Pondichéry, ornée des plus riches tissus de l'Inde, rehaussée de tout le luxe asiatique, Mouzaferzingue fut investi de la dignité de soubab, devant une assemblée de rajahs, nababs, zémidars, faussedars, kélidars, isardars et leurs suites ; sa dépendance envers la France ne fit de doute pour aucun des assistants.

Prenant le pas sur tous ces grands seigneurs, Dupleix lui offrit les vingt et une pièces d'or habituelles et le salua du titre de soubab. Mouzaferzingue se précipita dans les bras du Gouverneur et le conduisit ensuite vers un siège placé à côté •du sien. Tous les grands personnages, fonctionnaires et généraux, hindous, mogols, mahrattes défilèrent devant eux, se prosternèrent aux pieds du soubab en déposant non seulement leurs hommages, mais encore de splendides présents.

Cette cérémonie accomplie, Mouzaferzingue se leva, déclara

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