Lazaristes et Jésuites
3. Voy. le voyage dans l'Inde par V. Fontainier, vice-constil de France à Bassora, p. 331, chap. xiY, 2C partie. Paris, 1846.
Q Gljapttre Ijuitième,
Dupleix et Mamet-Aly-Kan. — Mouzaferzingue veut regagner le nord du Dékan. — Il demande un détachement français pour l'escorter. — Départ du marquis de Bussy et de M. de Kerjean. — Mort de Mouzaferzingue. — Bussy fait nommer soubab Salabetzingue. — Générosités de ce souverain envers la Compagnie. — Les Français à Hydérébad, à Golconde, à Aurengabad. — Bussy commande en maître.— Présent de Salabetzingue à Joanna Begum. — Bussy imite le luxe des Asiatiques.— Projets de Dupleix. — Les Mahrattes. — Victoire due à une éclipse de lune. — Traité avec le Peishwa. — Mamet- Aly-Kan à Trichinapaly. — La Compagnie et Dupleix. — La^v à Trichinapaly. — Assassinat de Chanda-Saëb. — Désastre du 1" juin 1752.
U^^^^OUR terminer tous les troubles et assurer enfin
^ la paix dans le Carnate, il fallait encore réduire ^ un rebelle, c'est-à-dire chasser de Trichinapaly, :^3^2^^ Mamet-Aly-Kan ; sans cela, on devait s'attendre à voir continuellement la guerre rallumée par les intrigues anglaises, comme la Compagnie en convient dans ses lettres à Dupleix.
Le Gouverneur-général préparait tout pour cette importante expédition, lorsque le second fils d'Anaverdikan chercha à éloigner l'orage en lui faisant des propositions. Le chef mahratte Raja-Janogi fut chargé par INIamet-Aly-Kan de cett^ négociation. Dupleix désirait ardemment la paix depuis longtemps et fit part à Mouzaferzingue des avances de l'insurgé. D'accord avec son protecteur, le soubab convint : « que Mamet-Aly-Kan remettroit à Chanda-Saëb la ville de Trichinapaly avec toutes ses dépendances, à condition qu'il demeureroit quitte de tout ce qu'il pouvoit devoir, tant du chef de son père que du sien, au cazena ou trésor du soubab, qui s'engageoit
d'ailleurs de lui donner un autre gouvernement dans le royaume de Golconde (i).» Raja-Janogi instruisit Mamet-Aly- Kan de l'heureux succès de ses ouvertures ; de son côté Dupleix ne négligea rien pour hâter la signature d'un traité si intéressant pour la tranquillité du Carnate.
En même temps, le gouverneur fit sonder les dispositions de Chanazas-Kan, ancien premier ministre de Nazerzingue, retiré depuis la défaite et la mort de son maître à vingt lieues de Pondichéry, dans la forteresse de Chelepette. Chanazas-Kan avait un certain crédit sur les Hindous, c'était donc un homme à ranger parmi les amis de la France. Dupleix lui écrivit dans les meilleurs termes et lui offrit sa médiation auprès de iVîouzaferzingue. Chanazas-Kan professait beaucoup d'estime pour le Gouverneur, il n'hésita pas à venir lui-même à Pondichéry se jeter aux pieds de Mouzaferzingue. Ce prince le reçut avec bonté, lui accorda le caoul ou pardon le plus satisfaisant ; ses lettres de grâce furent accompagnées de dignités et d'une pension proportionnée à l'opinion conçue du mérite de Chanazas-Kan et à l'intérêt qu'on avait de se l'attacher.
Mouzaferzingue, supposant tout le Carnate pacifié, communiqua à Dupleix son dessein de repasser dans la partie septentrionale du Dékan pour y affermir sa puissance et travailler à l'arrangement d'affaires embrouillées par suite de la guerre.
Pour entreprendre un voyage aussi long, au milieu de provinces de fidélité très douteuse, le soubab demanda le secours des troupes françaises, seules capables de tenir en respect les mutins. Il promit de se charger entièrement de l'entretien de ces forces et de les renvoyer après leur avoir donné des preuves de sa gratitude.
Cette demande paraissait de prime abord trop naturelle pour essuyer un refus, elle concordait d'ailleurs avec les projets de Dupleix. C'était cependant une entreprise grandiose et périlleuse; car enfin, il s'agissait d'exposer une faible troupe