‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 68 sur 128 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

sédions dans notre état-major un autre général mahratte, Raja Janogi, fort attaché au soubab et à la France, on l'employa pour négocier. Le traité fut promptement conclu moyennant un présent fait au Peïshwa, de deux laks de roupies (480,000 livres). Il repassa les montagnes avec ses troupes en promettant d'être toujours l'ami de Salabetzingue et de la France.

Le soubab entra dans Hyder-Abad, le 12 avril 175 i, il y séjourna avec son armée pendant un mois.

La Compagnie écrivait le 5 mai 175 1 à Dupleix :

« Nous étions dans une grande impatience d'apprendre ce qui s'étoit passé à votre côte depuis le départ du vaisseau le Prince. Nous avons vu avec plai sir les avantages que vous avez eus sur Nazerzingue, nous n'avons qu'à applaudir à la sagesse de vos dispositions, ainsi qu'à la valeur des troupes et des officiers qui les ont conduites. Mais nous ne pouvons regarder ces avantages comme parfaitement réels, qu'autant qu'ils vous auront conduit à une paix solide, seule capable d'opérer le bien des affaires du commerce, dont le Ministre et la Compagnie désirent, et vous recommandent de vous occuper essentiellement, etc. ('). »

Le même jour le ministre, accusant à Dupleix réception de ses lettres et des relations qui les accompagnaient, s'exprimait comme suit :

« J'ai vu avec plaisir dans ces relations, les preuves du courage de nos troupes et de la bonne conduite des officiers qui les commandoient. Il sera juste de procurer des récompenses à ceux qui se sont si bien distingués, et j'en rendrai compte au Roi. Mais je vous avoue que je verrai avec beaucoup plus de plaisir, la relation des conférences, et le traité de paix que vous m'annoncez devoir suivre de près vos derniers succès. Je ne sçaurois trop vous répéter que vous devez mettre tout en usage, non seulement pour faire la paix, mais encore pour éviter avec soin toute occasion de rentrer en guerre, etc. (^). »

Ces lettres flatteuses pour Dupleix ne laissaient pas de lui donner de sérieuses inquiétudes. La paix, la paix ! tel était le refrain général ! Comment concilier le désir de la mercantile Compagnie et les vœux du Ministre avec la continuation

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