‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 77 sur 128 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

les choses par lui-même. Il se plaignait amèrement de la majorité de ses officiers, qui paraissaient servir à regret et par contrainte. Mais il était impossible de les remplacer. La

maladie ayant exigé le retour du comte d'Autheuil à Pondichéry, le commandement fut remis à Law de Lawriston. De son côté, le gouverneur de Madras avait traité avec le

chef mahratte Morarao. Il se joignit aux Anglais pour dévaster la province; ces troupes commirent toutes sortes de cruautés. Les Anglais voyant nos soldats continuer leur route sur Trichinapaly, espérèrent modifier nos plans en attaquant Arcate. Un secours envoyé par Dupleix à cette place fut obligé de se retirer prudemment sous les murs de Veylour, après avoir inutilement tenté de débloquer Arcate.

Peu de jours après les Mahrattes essayèrent d'arrêter un convoi parti de Pondichéry pour ce détachement; ils furent surpris par les troupes de Veylour et complètement battus ; on prit leur camp, le butin fait depuis leur entrée dans la province et 300 chevaux. Les Mahrattes rejoignirent les Anglais à Arcate et vinrent avec eux pour reprendre une revanche. Nos troupes étaient avantageusement établies à Arhay, les alliés n'osèrent pas les attaquer. Les Mahrattes mécontents et mal payés par les Anglais, se retirèrent dans le Mayssour.

Ces diversions n'ayant pu détourner les Français de Trichinapaly, la prise de la place paraissait certaine; mais le sort en décida autrement.

Aussitôt les approches achevées, Law la bloqua étroitement : Notre armée, y compris les troupes de Chanda-Saëb, était alors de trente mille hommes. Les assiégés commençaient à souffrir de la famine quand les Anglais y envoyèrent un convoi considérable, escorté par 250 blancs et lOOO Cipayes, commandé par Clive, alors lieutenant.

Aux premières nouvelles du départ de ce convoi, Dupleix en avisa Law et lui ordonna de faire tous ses efforts pour l'arrêter. Au lieu de se conformer aux instructions précises du Gouverneur, Law détacha, pour aller au devant du convoi, 200 Européens et 400 Cipayes, c'est-à-dire un effectif inférieur à celui de l'ennemi. L'affaire fut manquée et Trichinapaly ravitaillée. Law se mit en devoir de l'attaquer, dans le moment même où il était arrivé à portée du canon de la ville. Cette tentative rendit plus suspecte encore sa conduite.

Cet officier se comporta plus singulièrement encore. Il

Page 1