‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 8 sur 128 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

fort en peine de celle qui doit se faire l'année prochaine, si je ne comptois autant que je le fais sur la vigilance avec laquelle je suis persuadé que vous vous serez comporté, malgré la situation où j'ai appris cette année que vous étiez, pour procurer à la Compagnie le retour des deux vaisseaux qui vous ont été envoyés l'année dernière avec un chargement complet. Vous rcconnoîtrez aisément par les fonds qui vous sont envoyés cette année, combien la Compagnie désire de vous mettre en état de vous libérer des engagemens que vous devez avoir pris. Je ne doute pas que ce qu'elle fait cette année, ne vous engage dans d'autres occasions à faire tout ce qui dépendra de vous pour l'aider, lorsqu'elle ne se trouvera pas suffisamment en état de vous envoyer tout ce qui vous sera nécessaire, etc. »

En 1736, Dumas, gouverneur de Pondichéry, obtient du Grand Mogol,Mohammed-Shah, le privilège de battre monnaie et la dignité de nabab, transmissible à ses successeurs.

La fortune acquise dans le commicrce particulier par le directeur-général de Chandernagor, son crédit et la haute opinion qu'on avait justement conçue de ses capacités furent, au su de la Compagnie, les seuls motifs de son élévation au plus haut degré de la hiérarchie coloniale, c'est-à-dire au gouvernement de Pondichéry. Au préalable, le ministre conféra longuement avec Bacquencourt, frère de Dupleix. Les honoraires du gouverneur n'étaient plus en rapport avec les frais incombants à ce poste ; et il fallait être fort riche pour soutenir dignement son rang au milieu du luxe fastueux des princes hindous. Nommé en 1741, Dupleix arriva à Pondichéry en 1742 seulement.

De 1726 à 173 1, les ventes annuelles de la Compagnie en France s'étaient élevées, en moyenne, à 8,520,910 livres ; de 1732 à 1741, période correspondant aux fonctions de Dupleix à Chandernagor, leur chiffre monta, en moyenne, à 17,591,565 livres.

L'année 1741 fut d'une importance capitale dans l'existence

de notre héros. La Providence lui donna pour épouse Jeanne Albert de Castro, fille d'un médecin parisien, fixé aux Indes, et d'une Castro, issue d'un de ces capitaines portugais, qui fondèrent le royaume de Goa. Jeanne Albert était veuve de Jacques Vincent, conseiller à Chandernagor. Elle avait plusieurs enfants.

L'acte de mariage de Dupleix, déposé aux archives de la Marine et des Colonies mérite d'être reproduit in extenso :

« Le Révérend Père François de l'Assomption, religieux augustin, curé de Colcotta et vicaire de Vara, pour le royaume de Bengale, ayant accordé le ii avril de cette année la dispense pour l'empêchement de l'affinité spirituelle ('), et dispensé de la publication ces bans, je soussigné, curé de Chandernagor, ay le dix-sept du même mois, marié, avec les cérémonies prescrites par le rituel romain, M. Joseph-François Dupleix, écuyer, directeur-général pour la Compagnie de France dans le royaume de Bengale, président du conseil de Chandernagor, nommé gouverneur des ville, citadelle et forts de Pondichéry, natif de Landrecies, fils de François Dupleix, écuyer, «eigneur de Bacquencourt et de iMercith, sieur des Gardes, Sarrerieilles, La Bruyarave, écuyer ordinaire de la grande écurie de Sa Majesté, fermier-général et directeur général de la Compagnie des Indes, et de dame Anne-Louise de Massac ; âgé de quarante-trois ans, avec Mme Jeanne Albert, veuve de M. Jacques Vincent, conseiller du conseil supérieur de Chandernagor, née à Pondichéry, fille de M. Jacques-Théodore Albert, et de dona Élibabeth-Rosa de Castro ; âgée de trente-trois ans.

« TÉMOINS : M. le chevalier François Schonaraille, gouverneur pour S. M. Impériale à Baquinbazar; M. Jean-x\lbert deSchitermar, •conseiller des Indes et directeur général pour la noble Compagnie de Hollande à Chinchura, et son épouse, Mme Sibilla Volkera ; MM. du conseil de Chandernagor; dona Élisabeth-Rosa de Castro, mère de l'épouse; Mmes ^Marie-Magdeleine Albert, veuve Aumont; Suzanne-Ursule Albert de Saint-Paul, Rose-Éléonore Albert d'Arboulin, sœurs ; et MM. Nicolas-Louis de Saint-Paul, second du comptoir de Chandernagor ; Louis-Carloman d'Arboulin, écuyer, beaux-frères de la dite épouse.

«Signé : Claude-Stanislas Boudier, jésuite, curé ; Jeanne Albert, Sibilla Volkera, Schitermar, Geboore Saoulyn, G. Guillauden de Saint-Paul,Ravet,le chevalier de Schonamille; Albert, veuve Aumont; Albert d'Arboulin, Renault, Guillauden, Dupleix, Desdezert, vd'Hargeff, le chevalier Courtin, Friel. »

I. Joseph Dupleix était parrain de l'un des enfants de Madame Vincent.

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