Mémoires de Dupleix, p
2. Dupleix aurait-il songé à faire un jeu de mot? On nous pardonnera cette simple remarque. Déjà en 1727, on colportait l'anagramme suivant sur la Compagnie des Indes Orientales (ce dernier mot avait été ajouté à dessin): <L Indigne atelier composé d'ânes. > — 3. Mémoires de Dupleix, p. 79.
Le péril le plus grand était un nouveau siège de Fondichéry par Mamet-Aly-Kan ; mais seul, le rebelle n'oserait le tenter, et les Anglais craindraient de franchir les limites du territoire de la Compagnie, la France et la Grande-Bretagne n'étant pas en guerre.
Dupleix d'ailleurs comptait sur un auxiliaire: la discorde l Ses prévisions devaient bientôt se réaliser; le roi de Mayssour devenait d'une exigence sans égale, et les Mahrattes ne voulaient pas contribuer à lui édifier un empire.
Rappeler Bussy d'Aurengabad, c'était abandonner le Dékan,. c'est-à-dire l'axe de tout le système. « Je serais fou ou traître en agissant ainsi, disait Dupleix. C'est à la fois mon plus redoutable moyen de défense, mon plus solide instrument de domination. Mon devoir est de m'y cramponner (j). »
Il eut bientôt arrêté un nouveau plan : La vice-royauté de Salabetzingue devait rester à l'abri de la révolution de Delhy ; le changement d'empereur n'amoindrirait pas notre influence à Aurengabad; on s'allierait avec Bagirao, le Peishvva de Pounah, et dans le Carnate on lutterait contre Mamet-Aly- Kan. Il envoya ces instructions à Bussy.
Madame Dupleix, Joanna Begum, redevint un personnage politique et ses relations avec les chefs hindous rendirent à son mari et à la France des services inoubliables. Elle parvint à détacher du parti de Mamet-Aly-Kan, le roi de Mayssour et Morarao le chef des Mahrattes.
Le Dékan était plongé dans la plus complète anarchie, Gazendikan, frère de Nazerzingue, menaçait Salabetzingue, et Bussy était découragé ; ses lettres au gouverneur-général étaient de plus en plus désespérées. Le soubab voulait se réfugier à Mazulipatam et même à Pondichéry pour échapper à son oncle.
Dupleix savait comment prendre Bussy; il l'encouragea, le raffermit, lui indiqua les voies à suivre et expédia à Aurengabad un renfort de quatre cents hommes pris parmi
I, M. Malleson, Les Français dans les Inde*