I. Mcmoircs de Ditpleix, pièces jnsLificdtiies, p
Sur les instances de Godeheu, la Compagnie écrivait le même jour à Dupleix :
« L'état d'incertitude où vous nous laissez sur les moyens de terminer une guerre onéreuse depuis longtems et toujours fatale à la prospérité du commerce ('), et l'ignorance où nous sommes des fonds considérables que nous avons envoyés dans l'Inde depuis la paix faite en Europe, et qui n'ont pas été épuisés à beaucoup près par l'achat des retours (2), nous ont engagés à avoir recours à M. le garde des sceaux pour diriger notre conduite. La nomination d'un commissaire a paru à ce ministre le seul moyen de dissiper toute incertitude et d'apaiser tous les troubles.
« Le choix est tombé sur monsieur Godeheu. Nous ne doutons pas que vous ne l'aidiez autant qu'il sera en vous dans l'exécution de sa commission, et nous comptons que vous prouverez par votre conduite que vous avez toujours tourné vos vues et dirigé vos démarches sur ce que vous avez pensé être le bien et le véritable intérêt de la Compagnie. »
Mais les Anglais avaient exigé le rappel de Dupleix (3), et Machault n'avait eu garde de leur désobéir, l'ordre cependant était resté secret même pour la Compagnie. Voici les pièces dont Godeheu était porteur à ce sujet :
« Il est ordonné au sieur Godeheu, commissaire de Sa Majesté et commandant-général des établissemens françois aux Indes Orientales, et en cas de décès au chevaUer Godeheu, de faire arrêter le sieur Dupleix et de le faire constituer sous bonne et sûre garde, dans tel lieu qu'il jugera convenable, et de le faire embarquer sur le premier vaisseau qui partira pour la France.
<( Fait à Fontainebleau, le 22 octobre 1 753.
S/[^né: « Louis, Contresigné : ^ Rouillé. »
Machault ne trouvant pas ce mandat d'arrêt suffisant s*en prit encore à mesdames Dupleix ; nous nous abstiendrons de qualifier cet acte.
1. C'était un mensonge, la guerre ne coûta rien à la Compagnie.
2. La lettre du Conseil supérieur de Pondichéry avait-elle déjà produit son effet?
3. Saunders s'était amèrement plaint aussi de l'influence prise par Joanna Begum sur les princes Hindous. Lord Holderness avait dit au maréchal de Mirepoix, en présence des frères Duvelaer: « Si cependant nous nous déboutonnions tout à fait, nos alarmes ne cesseront que quand Monsieur et Madame Dupleix ne seront plus dans un pays toujours facile à remuer par leurs intrigues. »