‹ Dupleix; ou Les français aux Indes OrientalesChapitre 96 sur 128 · L'expression est de M. Cartwright · texte numérisé non relu

L'expression est de M. Cartwright

que, Godeheu déclara, dans un JMcnioire imprimé, n'en éprouver aucune contrition, ayant écrit cette lettre pour tendre un piège à Dupleix et l'amener à révéler ses intentions coupables.

Les instructions secrètes reçues par lui doivent être insérées ici pour la honte de la Compagnie des Indes et du gouvernement de Louis XV :

« L'intérêt de la Compagnie est de se faire respecter, mais non pas de se faire redouter, ni d'intervenir dans toutes les querelles du pays; ce seroit le moyen de la rendre odieuse et de la constituer dans des dépenses capables de ruiner son commerce. Son but doit être de pourvoir solidement à la sûreté de ses établissemens, de ne les multiplier ni de les étendre qu'autant que la sûreté de ses comptoirs et l'extension de son commerce pourront l'exiger....

« On suppose toujours le cas où monsieur Godeheu, ne pouvant parvenir à faire la paix, seroit obligé de continuer la guerre pour tirer de ce cas malheureux tous les avantages qu'il lui seroit possible....

« En indiquant à monsieur Godeheu ce qu'il pourra faire, en n'entend point lui rien prescrire de positif à cet égard; les circonstances doivent décider des partis qu'il aura à prendre pour remplir, soit plus tôt, soit plus tard, l'intention où l'on est de ne point exposer des troupes dans le centre de l'Inde, de ne point prendre part aux guerres des indigènes et d'éviter de les aguerrir par la jonction des troupes françoises aux leurs.

« Au milieu des plus grands succès, monsieur Godeheu ne doit jamais perdre de vue l'idée et le désir de se concilier avec les Anglois.

« Monsieur Godeheu, en arrivant dans l'Inde, donnera nouvelle de son arrivée au gouverneur anglais, des ordres qu'il a de pacifier les troubles, et du désir qu'il auroit de voir la tranquillité rétablie entre les deux nations sur un pied stable et solide Il lui proposera une trêve et une suspension générale d'hostiUté pendant deux mois, afin d'entrer en pourparlers, sauf à la prolonger; cependant, si la Compagnie se trouvoit avoir une supériorité décidée dans l'Inde, il ne proposeroit point de trêve; mais il n'en écriroit pas moins au gouverneur Anglois pour l'exciter à entrer en négociation de paix, car on ne la fait jamais plus avantageusement que dans les tems de succès; pour s'en préparer les voies et commencer à ramener les esprits, monsieur Godeheu, dès son arrivée, renverra au gouverneur de Madraz les quatre-vingt et tant de Suisses qui ont été arrêtés par le sieur Dupleix sur des chélingues angloises. La crainte, qui seroit

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