CHAPITRE X
plus de 2,000 pagodes de revenu (i). Un employé, de Bausset, obtenait aussi un paravana pour une aidée. Enfin, Dupleix faisait garder par des pions un certain nombre d"aldées qu'il destinait à « des gens d'ici, » et que Chanda-Sahib lui avait promises ('). Il s'agissait de les exploiter, moyennant redevance au nabab, et Dupleix disait à d'Auteuil de faire sentir au prince qu'on était surpris que, le servant comme on faisait, il ne donnât pas la préférence aux Français sur une bande de gueux de noirs.
Outre cela, d'Auteuil reçut une somme de 100 roupies par soldat. Il en remit 6 à chaque homme et garda le reste, sur l'ordre de Dupleix, qui voulait réduire cette gratification à 50 roupies pour augmenter celle des officiers (3).
Ainsi, cette première expédition des Français au service des princes indigènes a tout à fait le caractère d'une expédition de mercenaires. La Compagnie loue ses soldats, elle est payée, les soldats sont payés à leur tour. Ce n'est pas là de la grande politique, c'est avant tout une affaire (4).
(1) Ibid., 5 septembre 1749.
(2) Ibid. Lettre du 7 septembre 1749.
(3) 9156, 45. 9 septembre 1749. Dupleix à d'Auteuil.
(4) Fr., n. acq., 9169, 71-138. Mémoire pour le sieur Dupleix. Paris, 11 mars 1758, f. 90, 91.
CHAHTRE XI
LE DÉVELOPPEMENT DE LA POLITIQUE DE DUPLEIX. LA LUTTE CONTRE NASER-SING
Entente de Dupleix avec Mousafer-Sing (1749). — Siège de Tanjaour. — Intervention du Soubahdar de Dekhan (mars 17U0). — Retraite des Français sur Pondichéry. — Trahison de treize officiers. — Mousafer- Sing prisonnier (avril 1750). — Négociations et variations de Dupleix. — Prise de Gingi. — Mort de Naser-Sing (IG décembre 1750). — Mousafer-Sing proclamé Soubahdar vient à Pondichéry.
Tout paraissait terminé pour les Français, si Chanda-Sahib eût été seul, mais il avait avec lui un prétendant au soubah de Dekhan dont VintervenUon, dit Dupleix lui-même, compliqua la situation.
C'était un petit-fils de Nizamel-Moiouk par sa mère, petite-fille elle-même de l'empereur Cha-Jehan. Elle avait été mariée à un seigneur maure appelé Sadoula-kan. A la mort de Nizam, le grand vizir Mansour-Ali-Kan, ennemi du vieux Soubahdar, nomma pour lui succéder Idayet-Modin-Kan, dont le nom fut changé, suivant la coutume : il s'appela désormais Mousafer-Sing-Bahadour. Ce jeune homme, n'étant que nabab dAdony, unit sa fortune à celle de Chanda-Sahib qui avait l'appui des Marattes et des Français. La victoire d'Ambour le décida à recourir, pour son propre compte, à cette nation victorieuse. 11 se rendit donc à Pondichéry avec son allié (1), en octobre 1749, et y passa huit jours. Dupleix, qui ne con-
(1) Relation de Brignon. Fr., 12087, 65, 69. — Arch. Vers. E 3748, 23. Dupleix à Bussy, 20 mars 1751.