‹ DupleixChapitre 135 sur 189 · EN · texte numérisé non relu

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A quoi se réduisait d'abord la mission de Bussy en Dekhan. — La mort de Mousafer-Sing et l'avènement de Salabet-Sing en changent le caractère. — Indécision de Dupleix. — Il se défie de Bussy. — Celui-ci agit seul, obtient confirmation des concessions déjà faites. — Dupleix pense à laisser des troupes en permanence au service du soubah. — Projet sur le Bengale. — Donation du Carnate à Dupleix qui veut s'en faire nabab. — Exagération de ses entreprises. — Premier exposé d'un plan défini (octobre 17o3) : Protectorat sur le Dekhan; souveraineté en Carnate afin d'avoir des revenus fixes.

Bussy partit de Pondichéry le 15 janvier 17ol, avec 300 Français, 1,800 cipayes et six canons à minute. Mousafer-Sing avait dû, pour décider Bussy à accepter ce commandement, lui donner 400,000 roupies et payer les autres officiers à proportion. Chaque soldat reçut 700 roupies (i).

« Le détachement avait été fait pour aller jusqu'à Aurangabad, « et les conditions n'avaient été faites que jusqu'à Édrabad (Haidea rabad ou Golconde), pour fournir à Bussy l'occasion d'avoir de « nouvelles conditions^ seul objet qui m'ait fait prendre ce parti au i lieu de celui d'abandonner Mousafer-Sing {-). » Dupleix écrivait cela le o avril 17ol.

(1) Fr., 12087, 112. Relation de la guerre des Français contre les Maures, 1746-1751.

(2) Arch. Vers. E. 3748, 32. Dupleix à Bussy, de Gingi, 5 avril 1751.

C'est ainsi que deux mois et demi après le départ de l'armée, deux mois après la mort de Mousafer-Sing et cette révolution faite avec le concours de Bussy, qui avait montré de quelle action les Français étaient capables, c'est ainsi que Dupleix comprenait et limitait encore l'expédition. Il semble difficile d'admettre qu'il n'ait pas eu, en envoyant Bussy, un véritable plan politique, que celui-ci n'ait pas reçu d'instructions particulières, et pourtant il en fut ainsi. Les Français devaient former la garde de Mousafer- Sing jusqu'à son installation dans sa capitale et revenir ensuite à Pondichéry. Le choix de Bussy pour commander l'escorte était sans doute motivé par les talents militaires dont il avait fait preuve, et qui avaient attiré sur lui l'attention. Mais l'expédition, qui ne devait être ni longue ni dangereuse, paraît avoir été d'abord pour lui et ses officiers une affaire et non pas une mission. L'assassinat de Mousafer-Sing trois semaines après son départ de Pondichéry changea toutes ces prévisions, et Bussy s'éleva à la hauteur du rôle nouveau qui lui incombait et qui n'avait été prévu ni par lui ni par Uupleix.

Nous allons suivre, comme nous l'avons déjà fait pour les débuts de celte politique, la transformation qui s'est faite dans les idées de Dupleix à mesure que les événements l'ont surpris. Nous n'entrerons pas dans les détails du complot et de la révolte qui coûtèrent la vie à Mousafer-Sing. Les nababs patanes que Dupleix s'était flatté d'avoir conciliés à ce prince dissimulèrent leur rancune jusqu'au moment où ils atteignirent le domaine de l'un d'entre eux, le nabab de Cadapa ou Cadapet : arrivés là, ils se révoltèrent soudainement. Dans le combat qui suivit, Mousafer-Sing tua de sa main le nabab de Canoul, celui de Savanor périt, celui de Cadapet s'échappa. C'est alors que le soubah fut frappé d'une flèche lancée par un fuyard. La Relation de la guerre des Maures i^) est ici l'œuvre d'un témoin oculaire. Il vit les seigneurs mogols amener à Bussy l'aîné des frères de Naser-Sing, Salabet-Sing, en le suppliant de rétablir la famille de Nizam-el-Molouk sur le trône, ajoutant que, s'il refusait de le faire, ils s'adresseraient à Dupleix lui-môme : « Il « nous parut le plus sage, dit la Relation, de se déclarer pour celui

(1) Fr., 12087.

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