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CHAPITRE II

DE LA FORME ET DE LA VALEUR DE l'aDMINISTRATIOX EN FRANCE ET DANS l'lXDE

Directeurs et commissaires du Roi. — Bureaux. — Lorient. — La marine. — Les comptoirs de l'Inde. — Le pouvoir des gouverneurs. — Le personnel dans l'Inde au temps de Dupleix.

On a vu que depuis 1723 les directeurs de la Compagnie, quel que fût leur nombre, ont été nommés par arrêt du conseil ; il n'y eut jusqu'en 1764 d'autres mutations que celles causées par le décès ou la démission des titulaires, sauf une seule exception (i).

En 1745, l'assemblée des actionnaires leur adjoignit six syndics désignés par le roi sur une liste de douze noms formée par l'assemblée (2). Parmi ceux-ci, figuraient de grands seigneurs, choisis en raison de leur crédit : on les appelait syndics honoraires. Les autres étaient dits onéraires, parce qu'ils prenaient part au travail de la direction. Ils étaient renouvelables par sixième et ne touchaient pas de traitement (3).

Quant aux commissaires du roi, les vrais chefs de la Compagnie, il y en eut quatre de 1723 à 1730. Orry ne supprima cette charge

(1) Le sieur Fromaget, directeur de 1719 à 1738, l'ut exclu pour avoir emprunté à la caisse de la Compagnie 300,000 livres à l'insu du commissaire du roi. Étant incapable de les rembourser, il fut remplacé par Lenoir. Col. C*, 2« série, n» 5. Orry au directeur d'Éprémesnil, 5 septembre 1738.

(2) Col. C* 31, 137. Délibération de l'assemblée des actionnaires, juin 1745.

(3) Ils n'avaient que quelques revenants-bons consistant en mousseline, toiles de coton, mouchoirs, thé, café et bougies (Mémoires sur l'administration de la Compagnie, de Gillv, directeur, 1755. Col. C« 40, 89).

{Q nUPLEIX, SKS PLANS POLITIOUKS, SA DISCRACE.

(jue pour la rétablir presque aussilûl en faveur de son frère Orry de Fulvy (!"■ avril 1731). Celui-ci eut 12,000 livres de traitement, parce que, lit-on dans une lettre des directeurs au cardinal ministre ('), f si M. de Fulvy est seul, il fait la besogne de deux qui coûtaient chacun 6,000 livres. » M. de Rouillé, qui lui succéda immédiatement 2), se fit donner pour adjoint M. de Montaran, et (juand M. de Rouillé devint secrétaire d'État à la marine (3), M. de Montaran fut secondé par M. Guignard de Saint-Priest, bientôt remplacé lui-même par M. de Silhouette, chancelier du duc d'Orléans (*). Lors du rappel de Dupleix, Silhouette et Montaran étaient encore en fonctions.

Les services de l'administration centrale à Paris étaient répartis entre deux départements généraux et trois particuliers (&), régis les premiers par quatre directeurs, les seconds par deux seulement. Ils étaient formés de cinq bureaux qui comptaient, en 1753, 51 commis appointés, 10 à 12 commis surnuméraires et 18 domestiques. C'étaient : l" la caisse: 2<> les livres; 3° les Indes; 4° les armements; 5° les achats.

La dépense annuelle montait à un peu plus de cent mille livres et la Compagnie retenait 10 % des traitements pour le fonds des retraites.

Le règlement d'administration de 1748 ordonnait que tous les jours, de dix heures à deux heures, les directeurs et syndics se rendissent à l'hôtel de la Compagnie pour s'y entretenir des affaires. Chacun d'eux, dans son département particulier, visitait les bureaux, concertait les ordres avec les chefs, minutait lui-même les plus importants ; enfin, ils devaient assister aux assemblées dites d'administration, qui se tenaient une ou deux fois par semaine, à la volonté des commissaires du roi.

Ceux-ci y entendaient les rapports des affaires à décider, recueillaient les voix, rédigeaient le texte des délibérations qui

(1) Demis, IV, 338, 17 février 1735.

(2) Demis, ibid.. 514, 515.

(3) 11 succède à Maurepas en 1749.

(4] Fr., n. acq., 9148, 252. Godeheu à Dupleix, 2 février 1751.

(5) C'étaient : Dép. principaux : 1° Armements et commerce général ; 2» Livres et traites; 3" Achats. Dép. particuliers : 1" Ventes ; 2" Lorient ; 3° Archives et contentieux.

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