‹ DupleixChapitre 160 sur 189 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

auquel Dupleix envoyait des présents conlinuelleraenl (<), traita le premier. Le 20 décembre 1752, il mettait à la disposition de Dupleix les hommes qu'il avait pour 125,000 roupies par mois; Salabet-Sing lui abandonnait en outre les quatre forteresses qu'il occupait (2). En envoyant à Bussy les lettres du Maratte pour le nabab et pour Badji-Rao, Dupleix lui ordonnait de leur dire que Morari-Rao s'étant rangé à son devoir, le gouverneur les priait de ne faire aucun dégât sur les terres de ce seigneur, et d'accepter sa médiation entre eux et lui (3).

Naudi-rajah, de son côté, était fort inquiet et faisait à Dupleix des propositions qui marquaient son émoi. Dupleix lui offrit seulement sa médiation W. Or, l'approche menaçante du soubah et les hostilités que lui-même avait engagées contre les Anglais, auxquels il voulait prendre Trichinapali, l'obligèrent enfin à traiter. Dupleix lui imposa les conditions suivantes : s'il recevait de Salabet-Sing le paravana pour Trichinapali, il donnerait à Dupleix 15 lakhs de roupies; s'il fallait faire le siège de la place, tous les frais seraient à sa charge; il soutiendrait le nabab d'Arcate nommé par les Français. La médiation de Dupleix auprès du soubah, qu'il réclamait, lui coûterait 15 lakhs de plus. « Cela libérera le soubah « et moi et la Compagnie, » disait Dupleix i'^). Le projet d'invasion de Bussy dans le Maïssour ne fut pas exécuté, mais le traité avec Naudi-rajah ne laissa pasd'êlre conclu le 14 février 1753 (6). Dupleix ne fait aucune allusion à des intrigues que sa femme aurait conduites en dehors de lui avec les femmes du dalw ay. Il est possible qu'elle ait correspondu avec elles pour l'envoi de quelques présents. Il fut convenu que Dupleix fournirait les munitions d'artillerie nécessaires pour le siège de Trichinapali ; le rajah paierait 15 lakhs de roupies, dont 4 de suite et 11 après la prise de la ville ; il paierait aussi la solde des troupes françaises qui le secondaient. Les

(1) Orme, 2, 127.

(2) Fr., n. acq., 9159, 147. Accords faits avec Morari-Rao, 20 décembre 1752. — Arch. Vers. E 3754, 51. Dupleix à Bussy, 8 janvier 1753.

(3) Ibid. Arch. Vers. 3754, 67. Dupleix à Bussy, 8 janvier 1753.

(4) Arch. Vers. 3754, 53. Dupleix à Bussy, 1" janvier 1753.

(5) Ibid. 3754, 67. Dupleix à Bussy, 8 janvier 1753.

(6) 11 paraît que Mortiz-Ali, nabab de Vellore, eut une grande part à ces négociations (Saint-Aulas à Godeheu, 1754, 285, 430).

ennemis des Français seraient les siens, et particulièrement il agirait contre le roi de Tanjaour.

Il devait aussi payer chaque année trois lakhs à la Compagnie et lui céder Kaël-Bender avec le droit de pêcher des perles (i). Il livra en nantissement, et pour assurer la solde des troupes, quatre aidées qui rapportaient neuf lakhs et dont la Compagnie perçut les revenus après le départ de Dupleix ('). Ce traité fut exécuté loyalement et les troupes combinées assiégèrent sans succès Trichinapali pendant rannéel7ô3etlessixpremiersmoisdel754.Uncomptede la main de Dupleix (3) établit que le rajah versa etïectivement 804,306 roupies et restait devoir sur la solde au 1"" janvier 1754, 1,376,694 roupies.

Telle est la négociation assez peu compliquée, comme on le voit, sur laquelle ont tant insisté les historiens de Dupleix. Il parait que Dupleix a cherché surtout dans celte alliance à se créer des ressources financières, car elles devaient lui manquer depuis longtemps. Il n'avait certainement pas de fonds suffisants pour les frais de la guerre qu'il avait entreprise et il n'est pas sans intérêt de rechercher comment il trouva de l'argent. Il a parlé de sa fortune. Nous croyons au contraire qu'il a vécu au jour le jour sur les revenus ordinaires du pays. Il prétend dans son premier mémoire contre la Compagnie qu'il possédait à son arrivée à Pondichéry une somme de plusieurs millions. Nous avons montré que cela était inadmissible. Il n'eut certainement pas de ressources considérables avant 1749. Il a parlé dans une lettre à la Compagnie, vers 1745, de la disposition où il était d'engager sa fortune pour subvenir aux dépenses; il n'en eut pas besoin. La Compagnie, en le remerciant de sa bonne volonté, indique clairement que ce service ne fut pas rendu. Les frais de la réparation des murailles dePondichéry, assez peu considérables, furent, en effet, pris sur les fonds de la Compagnie et recouvrés à l'aide de taxes sur l'habitant, comme cela s'était déjà fait. L'argent prêté à Chanda-Sahib fut remboursé par lui à la date d'octobre 1751 W. A Mousafer-Sing on prêta, en octobre 1749,

(1) Col. C* 84, 59. Accords faits entre Naudi Raja et M. Dupleix, 14 février 1753. Ibid., 238. Lettres de Dupleix à Godeheu. Lettre XXI.

(2) Fr., n. acq., 9163, 6. Bausset à Dupleix. Pondichéry, 15 novembre 1756.

(4) Fr., n. acq., 9145, 27. La Compagnie à Dupleix, 1" août 1752.

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