CHAPITRE XIV
fourni une escorte pour le conduire jusqu'à Aurangabad. La Compagnie le désapprouva très nettement d'avoir envoyé cette petite troupe si loin : « Il n'est, disait la lettre du l^"" février 17o2, ni de « l'intérêt de la Compagnie ni de votre prudence de s'engager dans « les guerres de l'intérieur de l'Inde (i). » On ne voulait pas se risquer plus avant : « Il est temps, lui écrivait-on, de borner l'étendue € de nos concessions dans l'Inde. L'objet delà Compagnie n'est pas t de devenir une puissance de terre, sauf cependant à former dans « la suite de nouveaux établissements quand l'utilité en aura été bien * reconnue, que les mesures pour y parvenir auront été bien concer- « tées entre vous et la Compagnie et qu'elle aura pris un parti dé- « terminé en conséquence (2). Un revers seul peut suffire pour nous « faire perdre tous nos avantages. Une paix solide et durable est le « seul but où vous deviez tendre. » Dupleix, en même temps, recevait des injonctions pareilles du contrôleur général Machault, qui, par ses lettres des 26 février 17o0, 23 avril, 5 mai, 6 novembre 1751, lui donna l'ordre exprès de faire la paix (3). Les premières en date ne lui parvinrent qu'en 1751, alors qu'il était engagé dans les affaires du Dekhan, les dernières lui arrivèrent au moment du désastre de Trichinapali, et très sagement il ne voulut pas demander la paix après une défaite. Il eut d'ailleurs le grand tort de ne pas donner un récit exact des événements, de telle sorte que la Compagnie ne sut par lui rien de précis. Le 1" août 1752, elle sait bien que Bussy a le commandement de toutes les troupes détachées en Dekhan, mais elle ne sait pas ce que Dupleix pense des circonstances au milieu desquelles Bussy doit agir W. « C'est nous causer « de nouvelles inquiétudes que de nous laisser ignorer vos projets « et vos engagements. Quelque confiance qu'il convient d'avoir, t comme vous le dites, dans la Providence, vous devez convenir « que c'est nous prévenir bien superficiellement des vues que vous t pouvez avoir et dont nous sommes accoutumés à connaître l'éten- « due (■''). »
(1) Fr., n, acq., 9145, 75. La Compagnie à, Dupleix, l" février 1752.
(2) Ibid., 79. La Compagnie à Dupleix, lettre particulière.
(3) Fr., n. acq., 9150, 7. Machault à Dupleix, 19 janvier 1753.
(4) Fr., n. acq., 9145, 92. La Compagnie à Dupleix, 1" août 1752.
(5) Ibid., 93. Cela les réduisait aussi à tirer parti de corrâspoadances par-
Dans les derniers mois de 1752 on connut enfin la durée du siège de Trichinapali, l'action nettement hostile des Anglais et les actes de Bussy dans le Dekhan, par les lettres parties de l'Inde en octobre i7ol et par les dossiers de la correspondance du conseil supérieur avec les Anglais et les Hollandais. On eut aussi la grande lettre de Dupleix à Saunders, sorte de réquisitoire dressé contre la mauvaise foi des Anglais, et le récit des faits jusqu'en février