‹ DupleixChapitre 24 sur 189 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pondicliéry) est mauvais, orgueilleux, aime ses plaisirs. Geslin de Chàteaufur est mauvais, poltron, faux, gracieux, dangereux à plus d'un titre, Bossenot de Pomphily, bon oflicier, maisgrand pacotilleur.

Les lieutenants sont traités dans l'ensemble avec plus d'indulgence, presque tous sont bons. Parmi les enseignes, les mérites et les défauts se balancent. L'un d'eux, Solminihac, marin médiocre, a pour consolation cette mention : chante bien.

Ces officiers coûtaient cher, moins par leurs appointements réguliers que par leurs frais accessoires et la pacotille.

Le règlement de 1733 (') nous fait connaître ces appointements.

A la mer, un capitaine de la première navigation touchait par mois 200 livres; le premier lieutenant, 120; le second lieutenant, 90; le premier enseigne, 60; le second enseigne, 50; l'écrivain, 50; l'aumônier, 30, etc., etc. Ces traitements étaient réduits de moitié pour l'officier entretenu à terre; cela faisait, pourtant, une lourde charge pour la Compagnie.

Auparavant, les appointements étaient bien plus considérables, et postérieurement au règlement de 1733, il fut alloué aux officiers un excédent de solde pour chaque mois au delà des vingt mois qui étaient considérés comme la durée normale d'une campagne (2), soit par mois : aux capitaines, 300 livres; premier lieutenant, 100 livres; second lieutenant, 60; premier enseigne, 30; second enseigne, 25; écrivain, 25; aumônier, 10; chirurgien, 25, etc.; soit en tout, 660 livres par mois pour l'état-major, y compris maitre d'équipage et pilote.

Les ports-permis fixés par le règlement furent augmentés par délibération du 31 août 1745 pour le temps de guerre.

Au capitaine (16,000) était accordé un supplément de 12,000 1.

Au premier lieutenant (5,333) 4,0(X) 1.

Au second lieutenant (3,200) 2,400 1.

et ainsi de suite, soit une augmentation des trois quarts du portpermis régulier. Un capitaine touchait donc, pour une campagne de vingt mois, 4,000 livres de traitement, un port-permis de 16,000 et en temps de guerre de 28,000 livres de marchandises; un autre,

(1) B. N., fr. 7799, 228.

[2) Col. C* 18. Délibération da 30 juin 1749.

28 DUPLKIX, SES PLANS POUTIQURS, SA DISGRACE.

pour le retour, de 1,500 livres à employer en toiles de l'Inde. Il avait aussi le droit de faire transporter liratuitement : 1° de Malié, I,8(X) livres pesant de poivre; 2° de Moka, 1,200 livres de café; :V de Bourbon, 900 livres de café. Le premier lieutenant avait droit à :i,400 livres de traitement, 9,333 livres de port-permis, compris le supplément du temps de guerre, «500 livres de poivre, 400 de café de Moka et 300 de café de Bourbon. Les autres officiers avaient les mêmes droits utiles au prorata de leur grade, de sorte que pour un état-major de buit officiers ou assimilés, un maître et un pilote, le port-permis officiel en temps de paix était de 31,198 livres; en temps de guerre, de 5i,718, plus 600 piastres, soit 3,000 livres environ, pour lacbat de toiles de l'Inde. Si l'on calcule encore que les hommes de l'équipage avaient aussi un portpermis variant de 12 piastres pour les maîtres et le second pilote à () piastres pour un simple matelot et 2 pour un mousse; quel'étatmajor chargeait de droit 3,600 livres de poivre, 2,400 livres de café de Moka et 1,800 de café de Bourbon ; que pour ces marchandises il était accordé à l'équipage une permission variant selon le grade sans excepter les mousses, on est au-dessous de la vérité en évaluant au dixième de la charge du vaisseau les marchandises qu'il était permis d'y placer en vertu mrme des règlements; mais ce qui était beaucoup plus grave, c'étaient les facilités otîertes par cette pratique à la contrebande : la quantité embarquée variait évidemment suivant les prix d'achat et la tolérance ou la complicité du capitaine, et l'on peut voir là l'origine et la cause de vols véritables et de fiaudes dont la Compagnie se plaignit toujours et (|u'elle n'apprécia peut-être jamais exactement.

Le chiffre réglementaire des états-majors était souvent dépassé. Pour un vaisseau de première navigation, il était de 8 personnes : le capitaine, 2 lieutenants, 2 enseignes, l'écrivain, l'aumônier et le chirurgien. Mais rarement cet ordre fut observé. On se plaignait, on l'a déjà vu, du trop «rrand nombre dofficiers qu'entretenait la Compagnie. L'expédition de 1747-1748 nous offre un exemple de l'exagération trop fréquente des cadres (•). VHercule, capitaine Fré-

(1) Col. C* 8. Étal de la nomination des capitaines et officiers des vaisseaux de l'expédition de 1747-1748.

Page 1