‹ DupleixChapitre 50 sur 189 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

gales furent expédiés en janvier 1748 par la Compagnie. Des vaisseaux du roi, deux furent pris. La Compagnie en perdit six pris, un échoué (i).

Si l'on joint à ces dépenses l'affrètement de quatre vaisseaux dans différents ports, on voit que la Compagnie ne négligea pas les Indes et dépensa au delà de ses ressources /').

Les dépenses totales pour cette période montent à 31, 745,265 1. 8. s. 9 d.

Or ses ressources étaient formées de :

1° Fonds des actionnaires, 200 livres par action,

2° Deux ans de dividende (1745-1746), non payé. 16,600,000 3** Trois années de revenu à 9 millions 1747-

4° Fonds de rentes viagères reçu en 1748-1749 (3). 12,400,000

5° Ventes à Lorient 17,000,000

Q° Billets vendus de la loterie composée . . . 3,000,000

86,000,000 Le roi avait payé les dividendes de 1747-1748-1749 à raison de

70 livres par action. Quant aux sommes ci-dessus, elles avaient été employées aux

besoins de la Compagnie, dettes et frais courants. Mais elle devait encore 'A; :

Billets d'emprunt 25,000,000

Billets de Pêchevin 12,000,000

Fonds pour finir l'envoi des Indes 6,000,000

Total. . . . 43,000,000 On espérait solder ces dettes avec les retours de 1750 et 1751 : il ne lui resterait alors pour l'avenir que son crédit.

(1) C-, 2« série, n" 8. État certilié par l'inspecteur des livres de la Compagnie des Indes, 3 octobre 1753.

(2) Il y avait d'après Montaran, Mémoire, C^ 34, 95, cinquante-huit vaisseaux de la Compagnie aux Indes, en mer ou sur le point de partir (janvier 1749). La Compagnie avait perdu depuis la guerre vingt-neuf vaisseaux et six bateaux.

Il évalue les pertes totales à 35,342,089 livres 8 deniers.

(3) Arrêt du conseil, 13 mai 1748.

(4) Arch. aff. étr., fonds Asie, 12, 125 : Tableau de la situation en gros de la Compagnie des Indes depuis 1745 jusqu'à la tin de 1749.

(Juant à ses charges annuelles, non compris l'envoi aux Indes, elles absorbaient à peu près son revenu de 9 millions.

Rentes viagères de la loterie composée . . . 1,600,000 fr.

Rentes émises en 1748-1749 1,200,000

Emprunt de 25 millions 1,200,000

Dividende de 30,000 actions à 70 3,500,000

Il ne lui resterait que 1,500,000 livres de son revenu et Lorient en réclamait à lui seul 1,800,000.

La Compagnie était donc, au commencement de 1750, dans une véritable détresse. Le 29 décembre 1750, dans l'assemblée d'administration tenue en présence des commissaires du roi, il fut représenté que l'assemblée générale du 24 précédent avait autorisé un emprunt de 18 millions et qu'il ne fallait pas en retarder l'émission, destinée à payer les dettes exigibles. On décida donc d'émettre à la caisse de la Compagnie un emprunt de 18 millions au denier 20, pour les arrérages desquels il serait aliéné 900,000 livres de rentes à prendre sur les 9 millions créés au profit de la Compagnie des Indes en 1747. Le produit devait être employé, jusqu'à concurrence de 12 millions, à rembourser les billets de Pèchevin (caissier de la Compagnie). L'amortissement en était assuré par le prélèvement d'un sol pour livre sur le produit des ventes et les arrérages des rentes viagères éteintes, après le remboursement des billets d'emprunt déjà assignés sur ces fonds.

Les douze premiers millions furent souscrits par six personnes moyennant 1 «/o de prime outre le 1/8 pour cent du courtage ordinaire, soit 13,50 0/^,.

Voici les noms des souscripteurs :

Les sieurs : Verzure 2,000,000

— Colabeau 1,400,000

— Gilly 500,000

Les frères Lustice 5,000,000

Cilly de Montaud 500,000

Duvelaèr 600,000

Mais la vente de 1752 ne put couvrir les frais de l'expédition de

1753, malgré les 6 millons, reliquat de l'emprunt de 1751. On avait cru que ces 6 millions suffiraient à couvrir tous les frais, on l'avait annoncé à l'assemblée générale de 1751. En fait, iljallut un

Page 1