‹ Durée De La Vitalité Des Tissus Et Des Conditions D'Adhérence Des Restitutions Et Transplantations CutanéesChapitre 28 sur 34 · INFLUENCE DE LA COMPRESSION · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA COMPRESSION

Si nous sommes arrivé à déterminer les deux conaitions précédentes, la texture et la température, au moyen de l'induction, pour la compression, nous avons employé une autre méthode, l'observation des faits : nous avons remarqué en effet que nos succès n’existaient que là où la compression était mise en usage, nos insuccès que là où elle faisait défaut.

Dans toutes les expériences où nous nous sommes servi du pansement à la ouate, nos opérations ont eu

O0 — un résultat heureux ; en l’employant, nous n'avions en vue que la température, sans vouloir rechercher l'effet d’une compression qui par cela même existait, puisqu'elle est une condition de réussite pour le pansement.

Au contraire, toutes les fois que nous avons expérimenté sur le cochon d'Inde, il ne nous était pas possible d'appliquer ce pansement, à cause de la difficulté de maintenir et l’animal en repos et le pansement en place. Une fois le cochon d'Inde renfermé dans une étuve, nous ne recouvrions le lambeau que d’une épaisseur de baudruche, sans exercer aucune compression. Dans tous les cas il y eut échec, quoique deux expériences (xxxi1v et xxxvu) aient été faites dans les meilleures conditions, c’est-à-dire à une température convenable et avec des tissus à texture serrée.

L'application des bandages compressifs sur cobaye nous étant interdite, ainsi qu'on vient de le voir, force nous fut de trouver quelque moyen pour les remplacer: L'expérience xxxvII1 montre de quelle manière nous arrivâmes à ce but; après avoir enlevé un lambeau d’une étendue de 4 centimètres d'avant en arrière et de 5 centimètres de droite à gauche, nous en retranchâmes une parcelle de 2 centimètres dans ce dernier sens ; ainsi diminué, le lambeau fut implanté, et les bord, mis en contact au moyen de nombreuses sutures. Le lambeau n'étant plus de la même étendue que la plaie, et cependant la réunion étant faite artificiellement, 1l en résultait un üraillement des téguments qui produisait une certaine compression ; l'opération avait eu lieu dans les meilleures circonstances : bonne texture, température convenable, compression suffisante,

Er aussi il y eut adhérence ; mais l’animal mourut au boul de cinq jours.

Chez les poules et les pigeons la compression se produit natureilement d’une manière identique, leurs tégumeuts ne se prêtant pas à une grande mobilité.

Si nous examinons quel procédé suivait Wiesmann dans les réimplantations qu’il pratique, nous trouvons que la compression y est mise en usage, soit au moyen de bandelettes agglutinatives, soit au moyen d’un bandage roulé autour de l'animal. Nous constatons le même fait dans les observations citées par Baronio, et dans ces derniers temps la relation qu’a exposée M. Bert de ses transplantations cutanées nous offre un nouvelexemple. Dans trois cas suivis de succès (rat sur rat, chat sur chat, chat sur lapin), ce dernier physiologiste s’est servi d’un bandage circulaire dextriné. Enfin nous citerons en dernier lieu l'observation de M. Le Fort, relative à un ectropion ; ce chirurgien fi{ une légère et sérieuse com- Pression en appliquant sur la plaie un tampon de charpie serré au moyen d’une bande de flanelle faisant plusieurs fois le tour de la tête.

Des résultats rapportés ci-dessus, nous devons tirer cette conclusion: c’est qu'il faut, pour la production de l’adhérence, un contact immédiat, permanent, et de plus intime ; on comprend aisément que, pour que les jeunes cellules puissent remplir un rôle utile, il est essentiel qu’elles soient dans le rapport le plus absolu avec les cellules du tissu sur lequel elles sont implantées.

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