‹ Durée De La Vitalité Des Tissus Et Des Conditions D'Adhérence Des Restitutions Et Transplantations CutanéesChapitre 30 sur 34 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

S 1. — Expériences personnelles.

Exp. IL — Sur un canard de 3 mois, avoir fait, le 10 septembre 1872, l'expérience suivante : Après avoir plumé une partie du dos, j'enlève entièrement un lambeau de peau mesurant 4 eentimètres d’arrière en avant, et 5 centimètres de droite à gauche. Le tissu cellulaire sous-curané est assez graisseux. Dix minutes après séparation, je remets en place le lambeau. J’éprouve quelques difficultés pour rapprocher les lèvres de la plaie des bords du lambeau. Vingt sutures à points séparés sont nécessaires. En avant de cette autoplastie sans pédicule, je dissèque deux lambeaux de 25 millimètres dans tous les sens, mais je ménage pour l’un d'eux un pédicule de 2 centimètres, et pour l'autre un pédicule de 5 millimètres. J'emploie dix-sept sutures pour maintenir ces deux derniers lambeaux.

41 septembre. Le lambeau apédiculé est légèrement violacé, assez chaud; j’exerce avec une pince une assez forte tr..ction à son centre, pour constater son adhérence; la résistance que j’éprouve est manifeste. Les lambeaux pédiculés ont l’un et l’autre une teinte bleuâtre. Ils sont adhérents.

Le 12. Le lambeau apédiculé a une teinte violacée, maïs moins prononcée que celle offerte par les lambeaux pédiculés. La partie est chaude, la surface profonde et les bords adhèrent.

Le 13. Légère tuméfaction du lambeau apédiculé. J'enlève une suture : il sort du lambeau une goutte de sang rouge.

Le 14. Quelques parties du Jlambeau présentent de la sécheresse.

Le 45. Aucune différence entre les deux lambeaux pédiculés et les parties voisines (même couleur, même chaleur). Quant au lambeau, il présente sur toute sa surface un état de dessiccation.

Le 16. La sécheresse du lambeau augmente. Je laisse Les fils à ligature.

Le 20. La croûte sèche est détachée dans la moitié du lambeau apédiculé.

Le 22. Toute cette couche sèche est détachée. Elle a plus d’un millimètre d'épaisseur. Elie est aussi large que le lambeau. La partie du dos de l’animal qu’elle laisse à découvert n’a pas l'aspect d’une plaie; cette surface est rosée, comme vernissée. Tout d’abord je pensais qu’elle était constituée par toute l'épaisseur de ce dernier; c'était pour moi un échec. Mais bientôt je changeais d'avis. À la face profonde de cette couche desséchée, j'apercevais plusieurs petites saillies constituées par les bulbes des plumes ; et ces saïllies correspondaient à de petits trous sur le dos de l'animal. Cette remarque me porta alors à croire que cette partie n’était uniquement constituée que par l’épiderme épaissi. Bientôt je vis la confirmation de cette idée par l'examen des sutures qui adhéraient encore : ces derniers, en effet, comprenaient dans leur anse et la croûte et le bord de la brèche, et Le tissu sur lequel était placée la croûte. Comme, lors de l’introduction des fils, je n’avais pas fait pénétrer l'aiguille au-delà du lambeau, j'avais done, dans le fait que je venais de remarquer, la confirmation que le derme était resté bien adhérent, et.que seul l’épiderme constituait la croûte. Quinze jours après, une vingtaine de petites plumes étaient visibles sur la surface du lambeau apédiculé. Et aujourd'hui, quatre mois après l'opération, la partie est entièrement recouverte de plumes, et il est presque as de distinguer l'endroit qui a été opéré.

Exp. IL. — 92 novembre. Sur un pigeon dont je plume une partie du dos; j pre un lambeau de 4 centimètres de diamètre. Ce lambeau comprend dans deux endroits un peu de tissu musculaire. La couche de graisse est assez épaisse. Sutures nombreuses. Pour empêcher la chute de l’épiderme, comme dans l’expérience sur le canard, j'applique une feuille de baudruche, puis du collodion. Température ambiante variable entre + 8 et 4-12. Malgré la baudruche, l’épiderme se détacha sous la forme d’une croûte, que retint un certain temps la couche de collodion. Dans l'étendue d'une pièce de 50 centimes, il y avait une partie du derme qui s’était sphacelée, L'animal mourut un mois après l'opération. Sur le lambeau on ne voyait pas encore de nouvelles plumes.

Exp. IT. — Sur un chien de 6 mois avoir enlevé, le 10 septembre, un lambeau mesurant 7 centimètres dans les deux sens. Réapplication sur le tissu cellulaire peu épais. Nombreuses sutures. Aucun topique. Pas de bandage. Le chien est mis en liberté. Le lambeau

tomba en suppuration, sauf un petit endroit au niveau du bord postérieur, qui resta adhérent à l'animal.

Exp. IV. — 16 octobre. Avoir fait sur un chien de 6 mois une autoplastie au niveau de la région lombaire d’un lambeau, mesurant centimètres dans les deux sens. Les bords ont été taillés à pic, et réappliqués à la place qu’ils occupaient avant la dissection. Le tissu cellulaire était peu abondant. Dix-huit sutures maintiennent le lambeau en place. Pour empêcher le desséchementdu lambheau, nous le recouvrons d’une baudruche, collée au moyen d’une forte couche de collodion. L'animal reste lié sur la table d'opération pendant vingt-quatre heures. Au bout de ce temps, il est mis dans sa loge. Quarante-huit heures après, suppuration; à travers la baudruche ‘on voyait une couche de liquide rougeûtre, sanieux, sur le lambeau. La membrane enlevée, je constate la mortification de la greffe.

Exp. V. — Sur un chien de près d’un an je fais, le 18 octobre, ‘une ablation de peau mesurant dans les deux sens 4 centimètres. L'opération est pratiqués sur le dos au niveau de la ligne médiane. Le tissu cellulaire sous-cutané est légèrement graisseux. Le lambeau est remis en place après une demi-heure de séparation et retenu par vingt sutures. Aucune application de topique ou de linge n’est faite sur la partie opérée. Immobilité complète pendant quarantehuit heures durant lesquelles six injections de morphine ont été faites.

Ce laps de temps écoulé, je constate de la sanie purulente qui suinte entre les sutures. J’enlève ces dernières. Aucune trace d’adhérence. L'animal était resté bien immobile.

Exe. VI. — Le 20 octobre, j'ai pratiqué une nouvelle opération de la mème manière que la précédente, mais en ayant bien soin de mettre les bords parfaitement en contact dans toute leur étendue. A cet effet, j’applique dix-neuf sutures profondes et douze superficielles. J’ai éprouvé beaucoup de difficulté à faire correspondre les bords, et cela parce que, en serrant les sutures, les surfaces épidermiques des deux lèvres rapprochées glissaient l'une sur l’autre, de sorte que, lorsque le nœud éteit serré, les bords ne se joignaient plus par la surface saignante, même par la face épidermique. Le chien a été tenu vingt-quatre heures lié sur la table ; au bout de ce temps, il est remis dans sa loge. Le surlendemain de l’opération, je constate une suppuration aussi bien de la part des bords que de la part de la face profonde du lambeau.

Exe. VII — Le 21 octobre. Par une température d’environ8, avoir enlevé sur le dos d’un chien couché dans une gouttière un

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