DIVERSES ESPKCES DE SIMULTANÉITÉ
du temps. Mais, sans lo second, il y aurait là uue mesure quelconque, nousaboutirionsù un nombre^ représentant n'importe quoi, nous ne penserions pas c\ du temps. C'est donc la simultanéité entre deux instants de deux mouvements extérieurs à nous qui fait que nous pouvons mesurer du temps; mais c'est la simultanéité de ces moments avec des moments piqués par eux le long" de notre durée interne qui fait que cette mesure est une mesure de temps.
Nous devrons nous appesantir sur ces deux points. Mais ouvrons d'abord une parenthèse. Nous venons de distinguer deux « simultanéités dans l'instant » : aucune des deux n'est la simultanéité dont il est le plus question dans la théorie de la Relativité, je veux dire la simultanéité entre des indications données par deux horloges éloignées l'une de l'autre. Do celle-là nous avons parlé dans la première partie de notre travail; nous nous occuperons spécialement d'elle tout à l'heure. Mais il est clair que la théorie de la Relativité elle-même ne pourra s'empcchcr d'admettre les deux simultanéités que nous venons de décrire : elle se bornera à en ajouter une troisième, celle qui dépend d'un réglage d'horloges. Or, nous montrerons sans doute que les indications de deux horloges II et II éloignées l'une de l'autre, réglées l'une sur l'aiître et marquant la même heure, sont ou ne sont pas simultanées selon le point de vue. La théorie de la
Relativité est en droit de le dire, — nous verrons à quelle condition. Mais par là elle reconnaît qu'un événement E, s'accomplissant à côté de l'horloge H, est donné en simultanéité avec une indication de l'horloge H dans un sens tout autre que celui-là, — dans le sens que le psychologue attribue au mot simultanéité. Et de même pour la simultanéité de l'événement E' avec l'indication de l'horloge « voisine» H'. Car si Ton ne commençait pas par admettre une simultanéité de ce genre, absolue, et qui n'a rien à voir avec des réglages d'horloges, les horloges ne serviraient à rien. Ce seraient des mécaniques qu'on s'amuserait à comparer les unes aux autres; elles ne seraient pas employées à classer des événements; bref, elles existeraient pour elles et non pas pour nous rendre service. Elles perdraient leur raison d'être pour le théoricien de la Relativité comme pour tout le monde, car il ne les fait intervenir, lui aussi, que pour marquer le temps d'un événement. Maintenant, il est très vrai que la simultanéité ;>insi entendue n'est constatal)le entre moments de deux flux que si les flux passent « au même endroit ». Il est très vrai aussi que le sens commun, la science elle-même jusqu'à présent, ont étendu a 'priori cette conception de la simultanéité à des événements que séparerait n'importe quelle distance. Ils se figuraient sans doute, comme nous le disions plus haut, une conscience coextensive à l'univers, capable d'em-