‹ Durée et simultanéitéChapitre 19 sur 34 · DIVERSES ESPKCES DE SIMULTANÉITÉ · texte numérisé non relu

DIVERSES ESPKCES DE SIMULTANÉITÉ

brasser les deux événements dans une perception unique et instantanée. Mais lis faisaient surtout application d'un principe inhérent à toute représentation mathématique des choses, et qui s'impose aussi bien à la théorie de la Relativité. On y trouverait l'idée que la distinction du « petit » et du u grand », du n peu éloigné » et du « très éloigné », n'a pas de valeur scientifique, et que si l'on peut parler de simultanéité en dehors de tout réglage d'horloges, indépendamment de tout point de vue, quand il s'agit d'un événement et d'une horloge peu distants l'un de l'autre, on en a aussi bien le droit quand la distance est grande entre l'horloge et l'événement, ou entre les deux horloges. 11 n'y a pas de physique, pas d'astronomie, pas de science possible, si l'on refuse au savant le droit de figurer schématiquement sur une feuille (le papier la totalité de l'univers. On admet donc implicitement la possibilité de réduire sans déformer. On estime que la dimension n'est pas un absolu, qu'il y a seulement des rapports entre dimensions, et que tout se passerait de même clans un uni\'ers rapetissé à volonté si les relations entre parties étaient conservées. Mais comment alors empêcher que notre imagination, et même notre entendement, traitent la simultanéité des indications de deux horloges très éloignées l'une de l'autre comme la simultanéité de deux horloges peu éloignées, c'est-à-dire situées « au même endroit » ? Un microbe intelligent

trouverait entre deux horloges « voisines » un intervalle énorme; et il n'accorderait pas l'existence d'une simultanéité absolue, intuitivement aperçue, entre leurs indications. Plus einsleinien qu'Einstein, il ne parlerait ici de simultanéité que s'il avait pu noter des indications identiques sur deux horloges microbiennes, réglées l'une sur l'autre par signaux optiques, qu'il eût substituées à nos deux horloges « voisines ». La simultanéité qui est absolue à nos yeux serait relative aux siens, car il reporterait la simultanéité absolue aux indications de deux horloges microbiennes qu'il apei'cevrait à son tour (qu'il aurait d'ailleurs également tort d'apercevoir) « au même endroit ». Mais peu importe pour le moment : nous ne critiquons pas la conception d'Einstein; nous voulons simplement montrer à quoi tient l'extension naturelle qu'on a toujours pratiquée de l'idée de simultanéité, après l'avoir puisée en effet dans la constatation de deux événements « voisins ». Cette analyse, qui n'a guère été tentée jusqu'à présent, nous révèle un fait dont pourrait d'ailleurs tirer parti la théorie de la Relativité. Nous voyons que, si notre esprit passe ici avec tant de facilité d'une petite distance à une grande, de la simultanéité entre événements voisins à la simultanéité entre événements lointains, s'il étend au second cas le caractère absolu du premier, c'est j)arcc qu'il est habitué à croire qu'on peut modifier arbitrairement les dimensions de toutes

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