ACTE I, SCÈNE III
Moi, craignant son courroux , je gardai mon secret. Lui, poursuivant son plan^ il nie trouve en effet Une jeune beauté dont' la fortune immense M'assurait à la cour un poste d^importaoce; Et, sans me consulter^ il demande sa «aîh. . On l'accorde ; enchanté de mon heureux destin , Il accourt aussitôt vers moi pour me Tapprendi^; Pouvaisrje Téclairer? Aurait-il pu in'entendre? Je me tais, dans f espoir qu^un obstacle imprévu Rompra ce bel hymen, 'malgré moi convenu ; Mais mon espoir est vain, je plfis à la pupile.... Vous riez.... T)ui, la chpse à cifmre est difficile. Quand tout est ^arrangé , mon onpù' prévoyant Fixe un jour pour Fhyn^n; mais le bruit s'en répand; Éliante le sait, et son journal l'annonce. Je veux> U rassurer; pas un mot de réponse. Elle quitte Paris ; elle croit , en fuyant , Abandonner un traître, un ingrat, un méchant; Quand je suis, en effet, par le sort qui m'accable, Cent fois plus malheureux que je ne siiis coupable.
MADAME BOaMON.
Moi , je suis bonne femme, et me laisse émouvoir; Mais que prétendez-vous en arrivant ?
• FRAN'VAL
La voir, Lui parler aujourd'hui, m'expliquer avec elle.
MADAME DORMON.
Elle ne recevra jamais un infidèle.
FRANVAL*
Mais je ne le suis point.
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Vo8 LA FEMME MISAT^THROPE.
MADAME DORMON.
Non , mais tout en l'aimant Vous formiez^àla cour rhymén le plus brillant. A l'objet de ses ifei^bii 'garde ^sa teîdâr^sse; Ce n*est que pour la dàt <|tf bit ti^^bit sH ttiaîtresse.
• • '"'.Ftt'AîTVALr •'"'■■ ' ■
'Mais je....
• MA£>A.M£ DORMok.
' Que voule^^-^iltts ? paiAez*mK$i &ancheinent. O^enir un pardon; h'^^ Comptez nullement. Non,'^* rfespépci- jamSîs attendrir Éliante. Sa haine contre, vous l!ç jour «en jouir augmente. Déjà son caraeteré est toût-à-fait changé , Et je t^rains cpfefle n'ail le cerveau* dérangé. Jadis ejle était douce; î]?dùige»te/ sensible; Maintenant 9 à ses yeux, chacun est Fou, risible; Pe- tout elle' se moque; et^ malgré sa bonté, Elle voit tes objets ^u plus maiivais côté. Rien n'échappe à ses traits ; et la cour iet la ville Éprôùvjent tour à' tour l'âcreté de sa bile.'^ Xe mondé' n'ejst peUplé qtie dHngraj^s, que de sots; On* lie saurait agir, ni parler à propos. Elle n'a plus les goûts, là gaîté de son âge ; Elle veut habiter en un désert sauvage; • Les ffi9i|i|^,^à ses yeux, coupables comme vous , Partagent l'épigramme, erffrfit de son courroux. Il n'est pas jusqu'à Hioi, lim qui suis son amie, Qui ne souffre des traits 4c sa misanthropie.
PRANVAL.
Quelle métamorphose en aussi peu de temps !
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