ACTE I, SG^NE HI. aqg
Vous rendes mies chagrins, iqçs regrets plus euisants.
Retournez à Paris.
FRANVAL
Non , vous avez beau dire , Toserai lui parler...
MADAME DORMON.
Êtes- VOUS en délire?
Songez que sans horreur elle ne peut vous voir; Voulez*-vous la iséduire enfin au désespoir?
FRAIÏVAL*
M'en préserve le ciel ! Si par un stratagème...
Ji pouvais l'approcher et lui prouver moi-même....
MADAME DORMON.
Je serai contre vous«.. On trouve, à mon avis, Des cousins tant qu'on veut, rarement des amis.
FRANVAL, toujotm occupa à r^échîr.
Il me vient une idée , et je la crois très-bonne.
MADAME DORMON.
Je crains bien qu'à son tour monsieur ne déraisonne.
FRANVAL
Non , plus j'y réfléchis , plus je vois le moyen D'obtenir d'Éliante un secret entretien.
MADAME DORMON.
Quel est-il ?
FRANVAL
Dans le monde on me croit fils unique; Mais j'ai, vous le savez , un frère en Amérique.
MADAME DORMON.
Mais qu'a besoin ce frère à tous vos grands projets ? ToFne VIL l4
byGoogk
D'abord pour me servir faisons qu'il MÎenne exprès....
MADAME DORMON.
Bon!
:PAAl!rVAL.
Par l'un de ces jeux communs à la nature, Nous nous ressemblions tous les deux de figure , Éliante le sait. Je l'amusai souvent Des tours que je faisais lorsque j'étais eniant , Et je me souviens bien qu'en parlant de mon frère. Je lui fis un tableau vrai de. son caractère ; Je lui peignis ses mœurs, son peu d'urbanité, Du tour de son esprit l'originalité , '
Qui , lui faisant quitter son pays et son frère , L'a fixé loin de moi sur un autre hémisphère.
MAt>AME DORUrON.
Et vous voulez paraître aujourd'hui sous son nom ?
FRAWVAL.
Je débarque, et je viens droit à votre maison. You» êtes ma cousine , il est tf ès-vi^aisemblable Que j'habite chez vous....
MADAME DORMOIC.
La chose est convenable; Mais dès qu'elle verra...
FRANVAL
• Non, soye;E sans effroi, Elle sera bien loin de penser que c'est moi. Songez qu'un autre habi't , un nouveau caractère , Une démarche brusque ou plutôt singulière.... Ajoutez qu'elle sait, et depuis très-long-temps,
byGoogk
jVCTE I, SCENE. V, an
Que monfirèreet que moi nous sommes ressemblants; Enfin, vous, du secret, il se pourrait peut-être Qu'aujourd'hui vous eussiez p^inè à me reconnaître. J'ai de plus un valet, un très-adroit fripon Qui peut jouer tm rôle en cette occasion.
MADAME DORMON.
Quoi ! je consentirais.... Eh bien! allez m'at tendre Dans mon appartement , bientôt je vais m'y rendre.
FRANVAL
Trop aimable cousine ! en cédant à /nés vœux , Peut-être ferez-vous en ce jour deux heureux.