SCÈNE I
( Mademoiselle Sabolein est assise et fidt de la tapisserie. Laurette teûant un sistre, a Taîr de chercher à. se rappeler une romance.)
MA.DEMOISELLE BABOLEIN (*), LAURETTE
LA.URETTE.
Ah! je me la rappelle enfin, cette jolie romance que lun de ces deux troubadours nous a chantée à notre retour du pèlerinage de Notre-Dame-des-Bois;
MADEMOISELLE BABOLEIN
Permettez, je prétends d'abord vous gronder sur certains défauts.
LAURETTE
Là bas, dans ce réduit sauvage, Vit un solitaire pieux ; Noble dame en pèlerinage Y va porter tendres aveux ; .
Mais aussitôt qu'avec rermite Elle a piié la nuit , le jour, ^ Un miracle guérit bien vite Son cœur atteint du mal d'amour.
(*) Ce personnage doit être joué avec toutes les prétentions et le ridicule ^'une vieille fille.
MAl>EMOISELL£ BABOLEIN.
Pourquoi don'c êtes-vpus si étourdie, si curieuse? entendez-vous, curieuse? Tappuie sur ce dernier mot... et je.... Savez-vous qu'une demoiselle ne doit pas dire tout ce qui lui passe par la tête : mais , parce que vous faites rire votre grand-père, vous croyez....
LAURETTE
Damoiselle dn haut lignage , Ne consulter pas trop les' saints :
On trouve en son pèlerinage Malencontre dans les chemins Sans médire du bon ermite , Vous éprouverez quelque jour Que sans miracle on guérit vite Du mal si doux qu'on nomme amour.
MADEMOISELLE BABOLEIIV.
Oh! qu'il faut de patience!... Si j'avais été chargée du soin de votre éducation , vous auriez un air plus digne , plus imposant.
LAURFTTE.
Bon! tout le mondé me trouve bien.... Que je suis contente de m'être rappelé cette romance! je la chanterai ce soir aU grand-papa.
Mademoiselle baboleIït.
C*est celle que vous a chantée ce jeune troubadour; je l'ai reconnue.
LAURETTE
Mais, ma tante, il fallait bien qu'il me chantât quelque chose , puisque son ami ne s'occupait que de vous seule. Ce qu'il vous disait était sans doute très-