SCÈNE Xï. 3i
raie directe. Écoute, Bérenger, je ne veqx pas me fâcher contre toi, mais je veux rester ici; et je t'ordonne de prendre mon nom , et de te charger tout-à-fait de ma mauvaise réputation.
BÉRENGER, à part.
Il faut obéir; je connais son caractère.
GITILLAUME.
T'en coûte-t-il tant de m'obliger? En vérité, tu serais amoureux que tu ne ferais pas ^ plus de façons.
^ BJSRENGËB, à part.
Heureuse idée !
GUILLAUME
Laisse donc là tes scrupules , et ^onge aux soins de tes états.
BJÉRENGER.
Jolis états ! qui ne s'étendent pas plus loin que les dépendances de ce château.
^ GUILLAUME
Ah! que tu es ambitieux!
BERENGER
Encore si j'y pouvais jouir de toute l'étendue de ma puissance , secourir les malheureux ; enfin , marquer mon règne par quelques bonnes actions !
GUILLAUME
Oh! qu!à cela ne tienne. En t'abandounant mon titre , je t'abandonne tous mes droits. Prends cette épée dont tu connais l'usage. Ainsi que mes aïeux, de son pommeau je scelle toutes mes ordonnances. Dispose dé tous mes trésors ; je promets, d'approuver tout ce qui peut être avoué par la justice et l'honneur.
byGoogk
3i4 LE PRITtCE TROUBADOUR,
B£A£irG£R.
Mais si. je me charge de votre nom , vous prendrez donc aussi le mien?
GUILLAUME
Sans jdoute !
BliRENGER.
Et vous, remplirez auprès de moi les fonctions d'un troubadour ?
GUILLAUME
Cela doit être.
BEREITGER.
. Et vous m'obéirez avec Ife mente zèle ?
GUILLitIME.
Oui ; mais tâche d être un bon prince.
BiSREirc^ER.
Vous m'en jur^ la foi des chevaliers.
GUILLAUM£.
Je 4e jure , foi djes chevaliers.
BÉRElirGER.*
Je me rends! J'aurai peu de sujets; mais quii> ispngent à'm'pbéir. Je règne !