SCENE XII. 3i
GUILLA.l7BtJR, bas à Bérenger.
Oh! quels apprêts! je n'en suis pa» âché; J'ai un appétit du diable.
Vous avez appétit? cela itie fait bien plaisir.
GUILLAUMK.
Tu vas voir qu'à cette table, j y tiendrai bien ma place.
BERENGER ^ avec btutenr.
« Tu vas voir! à cette table! » Mon troubadour at-il perdu la raison?
GUILLAUME, en riant.
Ah! pardon, monseigneur; n:iàis quant au dîner, vous voudrez bien permettra,.-
BÉRENGER
Impossible! En public, jamais troubadour ne s'est assis à la table d'uii prince de mon sang.
GUILLAUME
C'est juste, il n'y a rien à dire.
BiÉREKGER.
Vous dînerez avec les écûyers, quand je vous permettrai de dîner.
GUILLAUME, à part.
Diable ! voilà un prince bien strict observateur de l'étiquette.
H A D B M O I SELLE B AB O IIeI R , après avoir fait plaoer la,table , à Bérenger qui s*eAt assis dans un fantenil, à Tautre bout du tbé&ere.
Pardon, monseigneur, je ne veux dire (Ju'un mot à votre troubadour. {A Guillaume^ Il faut bien vous aimer pour avoir cédé au désir que vous aviez de res* ter près de moi.
3i6 LE PRINCE TROUBADOUR.
Giri llIume.
Vous m'aimez trop, peut-être?
MADEMOISlpILLIi: BABGLEIK.
Tant que ce maudit prince sera dans la maison, je ne suis pas rassurée. Je vois bien qu'il a des prétentions sur la petite Laurette.
GUILLAUME
Et je vous assure qu'il n'y renonce pas.
MADEMOISELLE BABOLEIN
Je le crois bien ; c'est un vrai Lucifer ! On m'a conté de lui tant de traits horribles....
GUILLA.tJME.*
Il est vrai qu'il n'a. pas volé sa réputation.
MADEMOISELLE BABOLEIN
Ici , son adresse échouera. Le loup ravisseur est pris dans lé piège. «
GtlILLAUME.
Il s'en tirera. Gentille pastourelle, prenez garde à votre brebis. Mais j'entends une marche.
MADEMOISELLE BABOLEIN
C'est monsieur le baron avec tout son cortège.