‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 212 sur 292 · Tome FIL ^ a · texte numérisé non relu

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qui les enrichissait^ il; lui atirait fallu plus de vertus que les trois quarts de la France entière, pour défendre une liberté abandonnée par tout le monde, et dont le nom, même imprudemment prononcé, suffisait pour attirer les plus grands malheurs. Oui, M. Etienne, dans sa position, a pu sans crime s'abandonner au torrent , et laisser dormir dans son cœur des sentiments de justice et d'indépendance , qui . devaient \ être réveillés par les cris de liberté qui se sont £aiit entendre à la fois sur nos deux hémisphères. M. Etieime, entré, dans la bonne voie , dans cette voie où doit se trouver tout homme qui a plus . de mérite que d'ambition , continuera de parcourir la brillante carrière qu'il, s'est si noblement et si s^nrituellement ouverte; il défendra toujours les intérêts du peuple , qui a déjà récompensé ses services en le nommant son représentant, et comme à Shéridan enfin d'honorable mémoire y Iç théâtre lui devra de bonnes comédies, et la nation les récompenses qu'elle doit à ses fidèles défenseurs.

J'ai cru de mon devoir d'entrer dans tous ces détsdls) d'abord parce qu'ils se lient à la destinée de ma pièce, et ensuite parce qu'ils m'ont permis de jeter quelque lumière sur un des événements de la vie d'un, homme d'un grand mérite, qui , par sa position avant et depuis la restaura-

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tion , a du exciter l'envie , et. se faire beaucoup d'ennemis. Si la carrière littéraire est difficile à parcourir, la carrière politique l'est bien plus encore. Dans la première^vous ne vous exposez qu'à lamalice des épigrammes de quelques méprisables èur vieux ; dans la seconde , vous excitez la haine de tout un parti. Arrivé à l'âge où je dois être S l'abri de ces vils sentiments, on peut croire à la sincérité de mon opinion sur les hommes et sur les choses. J'ai pu sans doute éprouver des moments de colère à l'aspect de certains objets , ou du ressëntiment de l'injustice dont j'étais la victime; mais, je le dis dUifond de mon cœur, je n'ai jamais connu ces passions haineuses qui vous aveuglent sur les hommes, et vous forcent à devenir injuste envers des rivaux. L'espoir que je fonde sur les talents et le vrai patriotisme de mon confrère Etienne sera justifié, par les nouveaux services qu'U ne pent manquer de rendre à la natiofi dont il a l'honneur d'être un des représentants. Ah! pourquoi le ciel m'a-t-ii refusé la fortune et les dons nécessaires pour obtenir et exercer avec éclat cette grande fonction ? Qu'il m'eût été doux de souffrir pour la cause honorable que je me serais chargé de défendre au p^il de mes jours! Que j'aurais regardé ayec dédain tous les avantages qui auraient pu me détourner de mon devoir ! Que tout ce qui séduit les au-

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très bof^esiin'auraU paru.pettt et méprisable!... Taures été^ j'oae le. penaer, œ qae soat de nos j.ours tant de. noà iUiistrés concitoyens^ .et si je n'si«ûs pas brillé par des tsdifests distingués , je sois âdit nx<3âns certain que l'sniraiii pu les égakr par mon désintéressement, par mon courage et par mon ampiir pdjur jua pftthie. Si le sbit.m'z inÉerdit cette brillunte c^urrièiT^^il ne m'a pas oté iexiésir de traçw le pcHrjtratt tel ,q«ie je le. sens, tel ^e je le Tois d*iin vâeitij>le^représevitant du peuple. J'ai tenté (autant que le théâtre pouvait permettre cette ha^ diçsse) de montrer au public ce que devait être un déput-é- D^tfis.un gouvernement constitutionnel , j'avais cru qu'une teUit pièce pouvait être utile; mais biecLt^ j'ai ^enti quei^ grâces à la Inenveillance de notre ceuaiure f je devais renoqcar à voir représenter mon ouvirage. Ne pouvant le 6ttre arriver an public que par l» voie de. l'iaapKssion , je me suis décidé à le Êtnre eittrior dans mes œuvres Ç). Je ne- suis pas £àohé de prouver à mes concitoyens, . qui m'ont toujours encouragé .dans ma' carrière littéraire, que j'étais digne au m^ins de eet intérêt pat un. véritable patriotisme.

Entraîné par ta longueur de^ mes digressions et

(*) On trouvera VÉcole des Députés âàns \t neaTième et dernier Toloaf de ines œuvres.

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les différents sentiments qui m'agitent lorsque j'écris, j'ai tout dit, excepté ce qui a rapport à la représentation de la Manie des Grandeurs. Comme l'avocat des Plaideurs j j'ai parlé beaucoup sur cfe qui était à peu près inutile , et je ne dirai qu'un mot sur le fait important. Les, événements de la guerre de la restauration ayant amené des changements dans mes idées , et le gouvernement m'ayant ôté mon théâtre derOdéou, je portai ma pièce de la Manie des Grandeurs aux comédiens Français. Ils la reçurent avec plaisir , la jouèrent avec la plus grande perfection; et le public, par ses applaudissements , me dédommagea amplement de tous les chagrins qu'elle m'fivait causés. ,

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PERSONNAGES

M. DE MOJNfTGÉRAN.

MERYAL^ ami de Montgéran.

Une comtesse.

AMÉLIE, sœur de Montgéran.

LAFLEUR, valet de chambre de Montgéran,

PICARD, vieux domestique de la famille de Montgéran.

Un huissier de la chambre.

Un laquais.

La scène se passe dans on siiperbe hÀtel , à Paris.

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