ACTE I, SCÈNE III
MEBYAL.'
Ce conseil est prudent, mettons un peu d'adresse. A son ambition il unit la faiblesse, J'en suis sûr ; et je puis ( c'est peut-être une erreur ) Le ramener vers nous , en attaquant son cœur. Mais , Amélie , avant de m'ofFrir à sa vue , Faites que sa maison me soit un peu connue : De tout ce que je vois je suis encor sui:|)ris. ' Quels sont les complaisants qu'il nomme ses amis?
AMÉLIE
Je ne sais pas leurs noms; mais vous allez connaître
Comment on vit ici. Mon frère aime à paraître;
Il meuble un grand hôtel; il invite chez .lui ,
Les hommes à talent que l'on cite» aujourd'hui.
Ces arts, enfants du luxe, et dont Paris abonde,
Appellent le plaisir , et le plaisir le monde.
Aussi dans un instant a-t-il vu sa maison
Se remplir, regorger de ces gens du bon ton.
Alors il a réglé, mais sans économie,
Tous les jours destinés aux plaisirs de sa vie;
Un jour, c'est un dîner; l'autre, c'est un concert
Où la Prima Donna veut bien chanter un air,
Certaine qu'un présent paîra sa complaisance;
EniSn c'est le séjour des arts, de l'opulence,
Où tout homme important est bien sûr d'être admis ;
Mais où l'on ne voit plus tous les obscurs amis.
MERVAL
C'est vous qui possédez cet emploi difficile D'accueillir, de fêter les oisifs de la ville? Que je vous plains, bon dieu !