‹ Duval, Alexandre, 1767-1842. Œuvres complètes d'Alexandre DuvalChapitre 22 sur 292 · SCENE VIIL · texte numérisé non relu

SCENE VIIL

A la salle , en entrant, j'ai donné mon coup d'œil ; Je réponds du succès.

DERBÀXK.

C'est avoir de ForgueiL .

(En riant , k Florimon et à BelÎM. )

Malgré ses grands talents , je crains une défaite; Et si vous m'en croyee, vous battrez en retraite;

JFLORIMON.

Et pourquoi donc , monsieur, nous vouloir tant de mal ?

eugèn;e, Et*quel est votre nom, monsieur le génél^al ?

CLAQUETlJf.

Ma famille , monsieur^ dans ces lieux est connue , Et de plusieurs acteurs, elle était bien venue. Mon grand-père, on le sait, fit , à force de bras , Réussir vingt auteurs , redressa vingt faux pas : Qi le surnominait Claque ; et son fils, jeune. encore, Du beau nom de Claquet au théâtre s'honore : Moi y fils de ce dernier, fidèle à mon destin , J'obtins par mon travail le nom de Claquetin.

EUGàNK.

La famille des Claque est, ma foi , très-nombreuse.

CLAQUETIN.

Et depuis quelque temps elle est assez heureuse : Nos talents sont connus, on ne peut s'en passer.; Une pièce sans nous ne. peut plus commencer.

BERBAIN.

Eh quoi I vous descendez de ce grand monsieur Claque ?

CLAQTJETIir.

J*en fais gloire.: il était surtout fort pour l'attaque;

Rien ne l'intimidait,

DERBAIK.

Oui, je sais qu'autrefois Il gagnaii en hnwo ses vingt écus par mois.

CLAQUETIN.

Oui ; majs to«t rsnGherit, et Vous saVez, je pense , Qu'on n'obtient un suocès qu'autant cpie l'on finance. Ici , je veux agir avec discrétion , Et je mets à cent francs la réputation.

FEORIMON.

C'est un très-bon marché.

DERBAIN.

Profitez de son offre.

EUCilTE.

Si l'on se fait un nom en puisant dans son coffre, Je plains Thomme à talent. Un bon spéculateur, Fort de ses Ctaquetins , peut passer pour auteur*

DERBAIN, àFlorimon.

Contractez sans façon tous deux à l'amiable.

FLORTMON.

Un tel arrangement est toujours méprisable. Le vrai talent n'a pas besoin de cet appui. Non pas que je prétende en avoir aujourd'hui : Mais le public un jour peut m'^re plus propice, Et je veux la &veur qu'on doit à sa justice.

EUGÈNE

N'est-ce pas bien penser ?

DERBAIir.

J'en conviens: mais enfin.«..

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