SCENE VIIL
A la salle , en entrant, j'ai donné mon coup d'œil ; Je réponds du succès.
DERBÀXK.
C'est avoir de ForgueiL .
(En riant , k Florimon et à BelÎM. )
Malgré ses grands talents , je crains une défaite; Et si vous m'en croyee, vous battrez en retraite;
JFLORIMON.
Et pourquoi donc , monsieur, nous vouloir tant de mal ?
eugèn;e, Et*quel est votre nom, monsieur le génél^al ?
CLAQUETlJf.
Ma famille , monsieur^ dans ces lieux est connue , Et de plusieurs acteurs, elle était bien venue. Mon grand-père, on le sait, fit , à force de bras , Réussir vingt auteurs , redressa vingt faux pas : Qi le surnominait Claque ; et son fils, jeune. encore, Du beau nom de Claquet au théâtre s'honore : Moi y fils de ce dernier, fidèle à mon destin , J'obtins par mon travail le nom de Claquetin.
EUGàNK.
La famille des Claque est, ma foi , très-nombreuse.
CLAQUETIN.
Et depuis quelque temps elle est assez heureuse : Nos talents sont connus, on ne peut s'en passer.; Une pièce sans nous ne. peut plus commencer.
BERBAIN.
Eh quoi I vous descendez de ce grand monsieur Claque ?
CLAQTJETIir.
J*en fais gloire.: il était surtout fort pour l'attaque;
Rien ne l'intimidait,
DERBAIK.
Oui, je sais qu'autrefois Il gagnaii en hnwo ses vingt écus par mois.
CLAQUETIN.
Oui ; majs to«t rsnGherit, et Vous saVez, je pense , Qu'on n'obtient un suocès qu'autant cpie l'on finance. Ici , je veux agir avec discrétion , Et je mets à cent francs la réputation.
FEORIMON.
C'est un très-bon marché.
DERBAIN.
Profitez de son offre.
EUCilTE.
Si l'on se fait un nom en puisant dans son coffre, Je plains Thomme à talent. Un bon spéculateur, Fort de ses Ctaquetins , peut passer pour auteur*
DERBAIN, àFlorimon.
Contractez sans façon tous deux à l'amiable.
FLORTMON.
Un tel arrangement est toujours méprisable. Le vrai talent n'a pas besoin de cet appui. Non pas que je prétende en avoir aujourd'hui : Mais le public un jour peut m'^re plus propice, Et je veux la &veur qu'on doit à sa justice.
EUGÈNE
N'est-ce pas bien penser ?
DERBAIir.
J'en conviens: mais enfin.«..